Vers un nouvel appel d'offres?

  |  Radio-Canada avec La Presse Canadienne
Usine de Bombardier à la Pocatière   © PC/Archives

La saga du renouvellement des wagons du métro de Montréal se poursuit. Québec a annoncé ce matin que les discussions avec les constructeurs Alstom et Bombardier étaient finies.

Rebondissement dans le dossier du renouvellement des wagons du métro de Montréal: la Société de transport publie un avis d'intention de 30 jours qui pourrait ouvrir la porte à des concurrents étrangers.

Du même coup, le gouvernement annonce que « pour finaliser la démarche et tel que prévu [...], la STM publiera un avis d'intention sur le marché international pour le projet de remplacement des voitures du métro de Montréal », note le ministère des Transports.

D'éventuels constructeurs disposent ainsi de 30 jours pour se manifester à leur tour. Le cas échéant, la Société de transport de Montréal devrait lancer un nouvel appel d'offre. Mais si aucune nouvelle offre n'est déposée, les deux constructeurs remporteront la mise.

Le nombre de rames plus que doublé

Québec maintient toutefois ses exigences, notamment que les futures rames soient montées sur des pneus, avec un contenu canadien de 60 % et un assemblage final au Canada. Le premier wagon devra être livré 32 mois après la livraison du contrat, soit moins de trois ans.

Actuellement, seules Bombardier et Alstom disposent d'usines d'assemblage locales. Un autre constructeur devrait bâtir une nouvelle usine pour remporter le contrat.

Du même souffle, le ministère des Transports révèle que le nombre de voitures souhaité est passé à 765 durant les négociations, avec une option de 288 voitures additionnelles. L'appel d'offres initial, déposé en 2008, s'élevait à 340 wagons.

Rappelons qu'après 9 mois de négociations avec Bombardier et Alstom, le gouvernement du Québec et la STM s'étaient entendus en mai dernier sur les modalités du contrat.

Une entreprise chinoise intéressée

Du côté du cabinet de la ministre des Transports, Julie Boulet, on affirme que c'est l'augmentation du nombre de wagons commandés qui justifie l'émission de cet avis d'intention, et non les poursuites qu'avait menacé d'intenter l'entreprise chinoise Zhuzhou Electric Locomotive, le mois dernier.

Zhuzhou voulait bloquer les négociations durant deux mois afin d'examiner la possibilité de déposer une offre.

Le cabinet de la ministre Boulet refuse par ailleurs de confirmer que le contrat est évalué à 3 milliards de dollars.

La valeur initiale du contrat était estimée à 1,2 milliard de dollars. Mais avec ce nouveau rebondissement, le gouvernement du Québec ne s'avance pas à évaluer combien il en coûtera pour faire subir une cure de jeunesse au métro de Montréal.

« Improvisation » et « cafouillage », scande le PQ

Ce récent développement a fait réagir le porte-parole de l'opposition officielle en matière de transports, Stéphane Bergeron. Il a dénoncé l'« improvisation » du gouvernement dans ce dossier et déploré son « manque de vision ». « Cette volte-face spectaculaire est encore un bel exemple de cafouillage libéral », a-t-il déclaré par communiqué.

Évoquant la construction du CHUM, l'échangeur Turcot et le projet de la rue Notre-Dame, le député de Verchères a affirmé que « des projets d'envergure et structurants pour le développement de Montréal et du Québec » n'aboutissaient pas « à cause de la mauvaise planification et le manque de rigueur de ce gouvernement ».

Avis d'intention de la STM

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