Les ministres Clément Gignac, Raymond Bachand et Sam Hamad (de gauche à droite)
Le gouvernement libéral se penchera au cours des deux prochains jours à Lévis sur l'avenir économique de la province.
La « rencontre » sur l'avenir économique de la province, organisée par le gouvernement libéral, s'ouvre aujourd'hui à Lévis sur fond d'avis partagés des différents groupes de la société.
Ce type de rencontre « permet d'être au courant des attentes des différents partenaires », a déclaré le ministre des Finances Raymond Bachand.
Parmi ces partenaires, la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) s'attend à des mesures concrètes dans les jours qui suivront cette rencontre. Elle souhaite surtout entendre parler de création d'emplois, du maintien et de l'amélioration des services publics, ainsi que de développement économique.
Le syndicat note que « des industries entières sont encore extrêmement fragiles ». Et d'ajouter que la recherche de l'équilibre budgétaire ne doit pas entraîner un arrêt précoce des mesures de relance.
La Coalition des organismes communautaires pour le développement de la main-d'oeuvre soutient, elle aussi, que la reprise économique doit être axée sur l'emploi. Elle vante au passage le travail des organismes communautaires qui se consacrent à la formation des travailleurs.
Du côté du Conseil du patronat, aussi partie prenante, le président Yves-Thomas Dorval salue cette initiative, et évoque la nécessité de « transformer le Québec pour en faire un pôle d'attraction et un leader économique ».
Il préconise notamment « une fiscalité plus concurrentielle » et veut encourager l'investissement privé, la productivité de la main-d'oeuvre, l'emploi et la création de richesse.
La santé absente, déplorent les médecins spécialistes
D'autres organismes estiment toutefois que le débat est mal engagé. La Fédération des médecins spécialistes du Québec note que « la question de la santé est totalement éclipsée des discussions ».
Et ce, alors qu'elle « occupe une portion de plus en plus importante du budget de l'État québécois ». Cet organisme avait demandé une place à cette rencontre, mais on la lui a refusée, selon ses dires.
La Fédération autonome de l'enseignement (FAE) estime que la population est exclue « d'un débat qui aurait dû être beaucoup plus large ». Elle évoque un « exercice futile et peu crédible ». Le syndicat soulève aussi des doutes quant à l'affirmation du gouvernement qu'il n'abordera pas les questions prébudgétaires lors de cette rencontre.
En Abitibi-Témiscamingue, plusieurs organismes communautaires ont aussi exprimé leur opposition à cette conférence.
Le Québec s'en sort mieux que l'Ontario, selon Raymond Bachand
Le ministre des Finances a soutenu que la province s'en était mieux sorti que l'Ontario ou que les États-Unis, évoquant des baisses du nombre d'emploi plus importantes qu'au Québec. En décembre dernier, le taux de chômage du Québec se situait à 8,4 %, celui de l'Ontario à 9,3 % et celui des États-Unis à 10 %.
Son homologue du développement économique, Clément Gignac, a noté de son côté qu'il fallait se pencher sur la question de la création de la richesse.
Il soutient que le niveau de vie des Québécois s'avère inférieur de 10 à 15 % à celui des Ontariens. Il veut aussi « faire mentir les experts », dont une majorité prévoit une croissance plus faible que d'autres pays ou provinces dans les mois à venir.
Pas question du déficit
Ces rencontres n'auront toutefois pas pour principale question le déficit budgétaire prévu dans les prochaines années.
Québec devrait encaisser un déficit de 4,7 milliards de dollars pour l'année 2009-2010, selon les données revues à la hausse du ministère des Finances.
Avec un déficit en hausse pour les deux prochaines années, le déficit quinquennal se voit porté à 13,2 milliards, soit 1,7 milliard de plus que lors de la présentation du dernier budget.