L'économiste Claude Castonguay propose de permettre « à chaque personne de travailler plus longtemps si elle en est capable et en éprouve l'envie ».
L'économiste propose de permettre aux gens de travailler plus longtemps dans une étude où il s'inquiète des conséquences du vieillissement de la population sur les coffres de l'État.
Dans une étude menée pour le Centre interuniversitaire de recherche en analyse des organisations (CIRANO), intitulée La longévité, une richesse, il estime que le Québec est confronté à « un choc démographique majeur ».
Plus de 700 000 emplois devront être comblés d'ici 2012, selon l'économiste, et le nombre de nouveaux travailleurs ne suffira pas à pallier les départs à la retraite.
Cette diminution de la population active va réduire les revenus gouvernementaux, ce qui pourrait « compromettre la pérennité des programmes de santé, de services sociaux et desécurité du revenu », peut-on lire dans le rapport.
Économiser sur la dette
L'étude, menée conjointement avec Mathieu Laberge, démontre que le maintien du statu quo pourrait se traduire par un poids supplémentaire sur la dette de 42 milliards de dollars d'ici à 2021 pour le Québec.
Les deux économistes proposent deux autres scénarios, le premier étant l'atteinte par les 60 à 64 ans du même taux d'activité que les 50 à 54 ans. Dans ce cas-ci, la dette supplémentaire serait limitée à 17 milliards.
Le second scénario étudie l'impact d'un taux d'activité plus élevé pour les 65-69 ans.
« Une opportunité de création de richesse collective »
Devant ce problème, il évoque le concept de « vieillissement actif », estimant que « le vieillissement de la population constitue une opportunité de création de richesse collective ».
En permettant à plus de personnes âgées de travailler plus longtemps, le Québec améliorerait son produit intérieur brut (PIB) et éviterait des déficits structurels liés au vieillissement de la population, ajoute M. Castonguay. L'impact sur les individus serait aussi positif, tant au niveau du revenu que des effets sur la santé et du sentiment d'utilité, ajoute l'économiste.
Instaurer des incitatifs
Devant ce constat, il préconise plusieurs solutions, notamment l'adoption d'une « véritable politique de vieillissement actif » et l'instauration d'incitatifs fiscaux pour « rendre possible et avantageux le report de la retraite ».
L'économiste établit la phase du vieillissement actif entre 60 et 75 ans, précisant qu'« à partir de l'âge de 75 ans, on note une augmentation significative des risques de souffrir d'une incapacité physique ou cognitive ».
Selon lui, il est urgent d'agir. Il souligne toutefois que le report de la retraite doit rester un choix personnel.