Hydro-Québec
Selon l'Institut de recherche et d'information socio-économiques, l'augmentation des tarifs d'électricité d'un cent le kilowatt-heure envisagée par le gouvernement Charest serait inéquitable pour les moins nantis.
Des économistes de l'Institut de recherche et d'information socio-économiques (IRIS) soutiennent dans une étude que l'augmentation des tarifs d'électricité d'un cent le kilowatt-heure envisagée par le gouvernement Charest serait inéquitable. L'IRIS soutient que cette mesure imposerait un fardeau excessif aux moins nantis.
« La hausse des tarifs d'électricité viendrait peser deux à trois fois plus lourd sur les budgets familles de la classe moyenne et des familles les plus pauvres », estime Pierre-Antoine Harvey, économiste à l'IRIS.
Pour son prochain budget, le ministre des Finances, Raymond Bachand, parle de plus en plus de mettre fin au tarif préférentiel consenti aux consommateurs québécois par Hydro-Québec depuis les années 90, intitulé « bloc d'électricité patrimoniale ». Cet avantage signifie qu'un Québécois paye entre 5,5 cents et 7,5 cents chaque kilowatt-heure d'électricité, alors qu'un Ontarien doit débourser 11 cents pour chaque kilowatt-heure acheté à Hydro-Québec.
Le gouvernement Charest envisage de mettre fin à ce privilège afin d'utiliser plutôt les revenus d'Hydro-Québec pour financer les dépenses publiques, un peu comme le fait la Norvège avec ses revenus pétroliers. Selon les prévisions des libéraux, une hausse d'un cent le kilowatt-heure, qui ferait bondir les tarifs d'environ 15 %, viendrait garnir les coffres de l'État d'un peu plus de 1,5 milliard de dollars.
Contrairement à ce que soutiennent certains analystes, les chercheurs de l'IRIS ne croient pas qu'Hydro-Québec vende à rabais son électricité aux Québécois. L'organisme rappelle que la société d'État dégage des surplus permettant de financer ses nouveaux développements énergétiques tout en réalisant des profits de 3,1 milliards de dollars.
Pour améliorer les finances publiques, les chercheurs recommandent plutôt une augmentation de l'impôt sur le revenu. Selon leurs calculs, une hausse de 0,5 % pour chaque palier d'imposition permettrait de répartir plus équitablement le fardeau entre les catégories de revenu.
D'après un reportage de Daniel Raunet.