Des changements critiqués

  |  Radio-Canada avec Agence France-Presse
Le PDG de Facebook, Mark Zuckerberg Le PDG de Facebook, Mark Zuckerberg   © PC/Paul Sakuma

Le site de réseautage Facebook a modifié l'interface qui permet aux utilisateurs de gérer le niveau de confidentialité des informations qu'ils publient.

Le site de réseautage modifie la gestion des renseignements personnels de ses utilisateurs, mais plusieurs s'inquiètent de certains ajouts.

Ce changement intervient en partie à la suite d'inquiétudes soulevées par la commissaire à la vie privée du Canada, Jennifer Stoddart, en juillet dernier.

Facebook propose, depuis mercredi, à ses quelque 350 millions d'utilisateurs de redéfinir leurs paramètres de sécurité. Ils peuvent maintenant choisir le type de contenu qu'ils veulent partager avec les autres membres du réseau, voire avec des personnes extérieures. Et ce, notamment pour des photos, des vidéos, etc.

L'entreprise veut ainsi « permettre aux utilisateurs de mieux contrôler avec qui ils partagent » ces informations, a déclaré le vice-président de Facebook chargé de la communication, Elliot Schrage.

Le niveau de visibilité de chaque donnée envoyée sur son compte peut désormais être personnalisé, à la pièce, et réservé à tel ou tel contact, a assuré M. Schrage.

Les mineurs ne peuvent partager leurs informations qu'avec leurs « amis », les « amis de leurs amis » ou encore les membres de leur école.

De plus, les réseaux géographiquement déterminés ont disparu.

D'autres paramètres permettent plus d'ouverture

Mais d'autre part, l'option qui permettait de partager ses informations avec « tout le monde » inclut maintenant ce qui est accessible par les moteurs de recherche, et non seulement aux membres de Facebook.

Au-delà d'un profil public, toutes les informations sont ainsi accessibles si l'utilisateur coche cette option: renseignements personnels, statuts, photos, commentaires, etc. Facebook souhaite ainsi s'ouvrir à la recherche en temps réel par les différents moteurs de recherche.

Par ailleurs, l'option par défaut est passée à « tout le monde » à la suite de ces changements pour les informations disponibles par une recherche sur Facebook. Les utilisateurs ayant précédemment configuré leur profil doivent donc recommencer.

« Une évolution inquiétante »

Aux États-Unis, l'Electronic Frontier Foundation (EFF) salue la simplification de l'interface. Mais elle s'inquiète du même souffle que ces changements « soient clairement destinés à pousser les gens à ouvrir encore plus leurs données au public ». L'organisme recommande d'éviter la configuration par défaut offerte par Facebook.

« La transition vers le nouvel outil de confidentialité est clairement destinée à pousser les utilisateurs à partager beaucoup plus de leurs informations avec tout le monde, une évolution inquiétante qui va sans doute provoquer un changement majeur dans le niveau de confidentialité pour la plupart des utilisateurs de Facebook, que ce soit intentionnellement ou par inadvertance. » — Electronic Frontier Foundation

La transmission de données à des tiers en question

L'EFF s'inquiète aussi des données transmises aux fabricants d'applications tierces. Certaines informations comme le nom, le sexe, la ville et autres sont maintenant considérées comme des données « publiquement disponibles », donc transmissibles aux applications externes. Celles-ci peuvent aussi avoir accès à votre liste de contacts sur Facebook.

Et si un contact ajoute une application à son profil, celle-ci aura accès aux informations de ses « amis ». En plus de révéler potentiellement des faits intimes sur votre orientation sexuelle, politique ou religieuse, ce changement réduit aussi grandement l'utilité de Facebook comme outil de dissidence politique, estime l'EFF.

La commissaire à la vie privée du Canada s'était inquiétée du fait que Facebook ne dispose pas de mesures de sécurité pour empêcher le transfert des renseignements personnels vers des tierces parties. Ces dernières développent des applications, comme des jeux, des questionnaires et des petites annonces. Selon le rapport de la commissaire, il existe plus de 950 000 développeurs d'applications provenant d'environ 180 pays.

Des changements bien expliqués, selon Facebook

Alex Brown, porte-parole de Facebook Canada à Toronto, a soutenu que les changements étaient bien expliqués dans un billet mis en ligne mercredi sur le blogue officiel de Facebook. Elle ajoute que les utilisateurs ont le choix de ne pas mettre de photo de profil, et qu'ainsi cette dernière n'apparaîtrait pas dans les moteurs de recherche. Elle a toutefois reconnu que les usagers qui souhaitent avoir une photo de profil ne peuvent choisir de la rendre visible uniquement pour leurs amis.

De son côté, la commissaire à la vie privée du Canada attend de voir l'ensemble des changements qui seront apportés avant de les commenter. Cela pourrait aller à septembre, puisque Facebook s'était donné un an pour effectuer l'ensemble de ses changements.

En août dernier, Jennifer Stoddart avait estimé que Facebook était en voie de se conformer aux lois canadiennes qui encadrent la protection des renseignements personnels.

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