Jean Charest tisse des liens en Russie

  |  Radio-Canada avec La Presse Canadienne
Alexandra Szacka suit Jean Charest en Russie.

Le premier ministre Jean Charest mène une délégation de gens d'affaires pour jeter les bases d'une coopération Québec-Russie.

En mission économique en Russie, le premier ministre du Québec, Jean Charest, a signé une entente de coopération conjointe entre le Québec et Moscou avec le maire de cette ville, Iouri Loujkov, mardi.

M. Charest a toutefois noté que la corruption et la lourdeur administrative en Russie rendent les affaires plus difficiles. Ce qu'a rejeté le maire de Moscou, qui a soutenu qu'aucune entreprise étrangère ayant fait affaires avec sa ville depuis 20 ans « n'avait perdu son argent ».

L'entente veut « intensifier les liens économiques, culturels et éducationnels en procédant notamment à des échanges de personnes et de connaissances ». Elle s'accompagne d'une commission mixte qui se réunira annuellement, afin d'établir les modalités de réalisation et de financement de projets communs.

Parmi les autres rencontres prévues, M. Charest s'est notamment entretenu avec le vice-premier ministre russe.

Des ententes de principe de 110 millions de dollars

Le ministre des Relations internationales Pierre Arcand et une douzaine de représentants d'entreprises québécoises participent à cette mission, dont CAE, SNC-Lavalin et Gaz Métro.

Des entreprises présentes ont signé cinq ententes de principe avec des entreprises russes, qui pourraient déboucher sur des retombées totalisant plus de 110 millions de dollars et la création de 150 emplois.

Le 20 novembre dernier, MDA avait signé un contrat de 200 millions de dollars avec l'Institut de recherche et de développement de la radio russe, afin de fournir des technologies pour deux satellites russes.

Une première visite officielle

C'est la première fois qu'un premier ministre québécois va en visite officielle en Russie.

Dans la foulée de sa visite, Jean Charest est allé au premier restaurant McDonald's de Russie ouvert par des entrepreneurs canadiens. Situé place Pouchkine, ce restaurant est considéré comme l'emblème de la coopération pour les occasions d'affaires en Russie.

Jean Charest espère que des entreprises québécoises vont pouvoir percer ce marché de 150 millions d'habitants. Il veut aussi développer des liens culturels avec la Russie.

Un pays au poids grandissant

Cette visite en Russie survient alors que ce pays occupe une importance grandissante sur l'échiquier mondial, avec le Brésil, l'Inde et la Chine (le BRIC), comme l'explique Maurice Marchon, professeur à l'Institut d'économie appliquée à HEC Montréal.

« Le BRIC est très important pour le Québec et le Canada en général parce que c'est grâce à leur croissance que le prix des matières premières est soutenu et que le dollar canadien est fort. Ça permet en somme un enrichissement des Canadiens. » — Maurice Marchon, professeur à l'Institut d'économie appliquée à HEC Montréal

M. Marchon rappelle que les États-Unis restent le principal partenaire commercial du pays. Il ajoute toutefois que, selon une étude de Goldman Sachs, le produit intérieur brut des pays du BRIC sera plus important que ceux du G6 d'ici 2027-2030. « Essayer d'aller pénétrer ces marchés, c'est un potentiel de croissance », estime-t-il.

Toutefois, le professeur note que la prudence s'impose. « L'état de droit n'est pas aussi développé en Russie », déclare-t-il. Selon lui, les petites et moyennes entreprises doivent s'allier à des partenaires locaux, afin de réduire les risques.

L'économie avec Gérald Fillion

Classe économique avec Jean-Sébastien Bernachez

Facebook