Google limite la gratuité

  |  Radio-Canada avec Agence France-Presse
Le siège social de Google Le siège social de Google   © AFP/Justin Sullivan

Google a annoncé mardi l'instauration d'un nouveau dispositif permettant à un média d'obliger les internautes à s'identifier ou même payer un droit d'accès s'ils consultent plus de cinq de ses articles par jour via le moteur de recherche.

Le moteur de recherche instaure un dispositif permettant aux médias de faire payer les lecteurs au-delà de cinq articles par jour, tandis que le magnat de la presse Rupert Murdoch continue de fustiger les agrégateurs de contenu.

Et ce, alors que la Federal Trade Commission des États-Unis organise une conférence sur la « survie » du journalisme à l'ère d'Internet. Confrontées à une chute des revenus publicitaires, de nombreuses entreprises de presse cherchent à assurer leur rentabilité.

Cette possibilité s'appliquera à tous les éditeurs référencés par Google News et par le moteur de recherche en général.

« Nous sommes ravis d'aider les médias à faire en sorte que leurs contenus soient accessibles à un large groupe de lecteurs. [...] En même temps, nous sommes aussi conscients du fait que créer du contenu de qualité n'est pas facile et souvent cher. » — John Mueller, analyste chez Google

Jusqu'à présent, Google avait mis en place le programme du « premier clic gratuit » qui autorisait les lecteurs à trouver et lire des articles, même certains disponibles seulement sur abonnement. Les médias pouvaient ensuite rediriger les lecteurs vers leurs formulaires d'abonnement.

Toutefois, en revenant au moteur de recherche, il était possible de trouver et de consulter d'autres articles d'un même média sans payer. Le nouveau dispositif permettra de combler cette faille.

Rupert Murdoch persiste et signe

Cette annonce intervient alors que Google s'est attiré les foudres de plusieurs propriétaires de médias, notamment de Rupert Murdoch, à la tête de News Corporation.

Lors d'un atelier organisé mardi par la Federal Trade Commission aux États-Unis, il a d'ailleurs réitéré ses propos sur les agrégateurs de contenu qu'il avait tenus en novembre dernier, évoquant un « vol ».

« Ils pensent avoir le droit de prendre nos nouvelles et de les utiliser pour leurs propres fins sans contribuer d'un cent à sa production. » — Rupert Murdoch

Plusieurs médias rapportent que News Corporation, qui édite entre autres le Wall Street Journal, négocie une entente avec Microsoft afin d'afficher son contenu en exclusivité sur le moteur de recherche Bing.

Rupert Murdoch a ajouté que les journaux ne devraient pas chercher à obtenir le soutien des gouvernements, mais plutôt à convaincre les lecteurs de payer pour les nouvelles en ligne.

« La perspective que le gouvernement américain s'implique directement dans le journalisme commercial serait dissuasive pour quiconque se soucie de la libre expression », a-t-il lancé lors de l'atelier.

Les médias doivent faire plus d'efforts pour « convaincre leurs lecteurs que l'information fiable et de haute qualité n'est pas gratuite ». Il a ajouté qu'un modèle basé seulement sur la publicité n'était pas viable.

Google, ennemi ou ami?

D'autres observateurs estiment plutôt que l'information devrait être accessible gratuitement. C'est le cas de Jeff Jarvis, professeur à la City University de New York et expert du domaine. Il propose plusieurs pistes de solution aux médias, notamment celle de mieux investir leurs ressources en abandonnant « l'information de commodité », afin de se concentrer sur de l'information à forte valeur ajoutée.

M. Jarvis ajoute que Google et les autres moteurs de recherche permettent aux médias de mieux mettre en valeur leur contenu. Il note à cet effet que le Wall Street Journal risque de perdre le quart de son lectorat en quittant Google.

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