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Économie

Marchés boursiers

Tumulte sur les marchés

Mise à jour le vendredi 27 novembre 2009 à 23 h 07

Des courtiers à Wall Street

Photo: La Presse Canadienne /Mark Lennihan

Vendredi contrasté sur les marchés financiers, après les inquiétudes suscitées par la dette de Dubaï.

À Wall Street, qui était fermé jeudi pour Thanksgiving, le Dow Jones a perdu 1,48 % et le S&P 500 2,10 %.

À Toronto, le principal indice a affiché un gain de 0,24 %, mais le TSX Venture a perdu 0,97 %.

Quant aux parquets européens, ils ont repris du terrain, Francfort, Londres et Paris affichant toutes des gains d'environ 1 %.

Du côté de l'Asie, les bourses de Tokyo et de Hong Kong ont perdu de 3 à 5 %. Les investisseurs vendent leurs titres de banques et de sociétés de construction.

Le baril de pétrole est remonté à mi-journée sur le marché new-yorkais, affichant quand même une baisse de 1,91 $US, à 76,05 $US. Quant à l'or, il perdait 12,80 $US, à 1174,20 $US l'once.

Le dollar canadien, lié au mouvement du pétrole, a perdu 0,09 ¢US pour atteindre 94,21 ¢US. Jeudi, le dollar avait reculé de 1,35 ¢US.

Dubaï suscite l'inquiétude

Les marchés sont inquiets parce que l'émirat de Dubaï a demandé un moratoire de six mois aux créanciers de son groupe phare, Dubai World, pour le remboursement de 59 milliards de dollars américains de dette. Cette somme représente la majeure partie des 80 milliards de dettes de l'émirat.

Cette demande a eu un impact dès jeudi sur les principales bourses européennes, qui ont reculé de plus de 3 % jeudi. Avec en mémoire la crise financière américaine qui a pris naissance dans l'éclatement de la bulle immobilière aux États-Unis, les investisseurs craignaient que les banques étrangères possèdent des créances de l'émirat.

Une note de recherche du Crédit Suisse, citée par le New York Times, estime que les banques européennes sont exposées à hauteur de 20,8 milliards de dollars.

Mais les banques françaises, italiennes et chinoises ont soutenu vendredi être faiblement exposées à la crise qui frappe Dubaï. Les banques du golfe constitueraient les principaux créanciers.

Nous avons observé une réaction classique d'aversion au risque au cours des dernières 24 heures. Ceux qui pensaient que les marchés pourraient sortir en douceur de la crise financière et de la récession en sont pour leurs frais.

— Note de recherche de la Société générale

Les dirigeants européens ont opté pour l'appel au calme. « S'il s'agit d'un revers, je pense que nous allons voir que ce n'est pas à l'échelle des problèmes auxquels nous avons fait face précédemment », a déclaré le premier ministre britannique Gordon Brown. Idem pour le premier ministre français François Fillon, qui a estimé qu'il s'agissait d'une conséquence de la crise financière.

Dubaï tente de rassurer

Dubaï s'est empressé de rassurer les marchés sur la vigueur de son économie. « Nous comprenons les inquiétudes du marché et des créanciers en particulier [...] Cependant, nous avons dû intervenir en raison de la nécessité d'entreprendre une action décisive pour faire face au fardeau de la dette », a expliqué dans un communiqué le président du comité fiscal suprême chargé de sortir l'émirat de la crise, cheikh Ahmed ben Saïd Al-Maktoum, qui est aussi PDG d'Emirates Airlines.

Il a ajouté que l'économie de Dubaï était une économie « durable » qui a une « large assise », après une « décennie de croissance sans précédent ».

Un géant au pied de sable?

Le projet The Palm Jumeirah de Dubaï

Photo: AFP/KARIM SAHIB

Le projet The Palm Jumeirah de Dubaï où sera construite la nouvelle salle de spectacle du Cirque du Soleil.

Dubaï, qui dispose de bien moins de pétrole que ses voisins, a bâti ces dernières années son succès sur de nombreux projets pharaoniques, immobiliers comme touristiques. Parmi eux, Burj Dubaï, la plus haute tour au monde avec plus de 800 mètres, qui doit être inaugurée le 4 janvier 2010.

Cette ville exubérante n'a pas échappé à la crise financière internationale, qui a considérablement ralenti son développement. Le nombre des projets annoncés à l'automne 2008 a été revu à la baisse.

L'émirat d'Abou Dhabi, son voisin qui bénéficie de la manne pétrolière, pourrait venir à sa rescousse. Le souverain d'Abou Dhabi a déclaré ne pas vouloir profiter de l'aubaine pour prendre le contrôle de deux joyaux de Dubaï, Emirates ou de Dubaï Ports, note Le Monde. Mais le quotidien vespéral ajoute que « Abou Dhabi s'est limité pour l'instant à souscrire aux obligations émises par Dubaï, dont le sort est désormais lié au bon vouloir de son puissant voisin ».

Radio-Canada.ca avec Agence France Presse, Presse canadienne et Reuters

L'économie avec Gérald Fillion

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