Les immigrés gagnent moins

Immigrant prêtant serment au Canada   © PC/Paul Chiasson

En 2008, les immigrants ont connu, en moyenne, des salaires plus faibles que les Canadiens d'origine, plus souvent à des postes à temps partiel malgré eux ou temporaires ou pour lesquels ils étaient surqualifiés, révèle une étude de Statistique Canada.

Salaires plus faibles, taux plus élevés de travail à temps partiel malgré eux, de postes temporaires et de surqualification; tel est le portrait des travailleurs immigrés que dresse Statistique Canada.

L'écart se resserre toutefois pour les immigrants présents au pays depuis plus de 10 ans, note Statistique Canada.

En 2008, le salaire horaire moyen d'un employé né au Canada dans le principal groupe d'âge actif de 25 à 54 ans s'est chiffré à 23,72 $. Pour un immigrant du même groupe, il s'est élevé à 21,44 $. Une différence de 2,28 $.

« Un écart subsistait, peu importe la période écoulée depuis l'arrivée des immigrants au pays. Cependant, l'écart a été particulièrement prononcé (5,04 $) chez les immigrants qui étaient arrivés au pays au cours des cinq années précédentes », note l'organisme.

Chez les personnes possédant un grade universitaire, l'écart salarial se chiffre à 5 $ de moins de l'heure pour les immigrants, à 25,31 $.

« La proportion de personnes qui gagnaient moins de 10 $ l'heure en 2008 a été 1,8 fois plus élevée chez les immigrants que chez les travailleurs nés au Canada. À l'autre extrémité de l'échelle, on a noté une proportion plus faible d'immigrants que de personnes nées au Canada gagnant 35 $ ou plus l'heure. » — Statistique Canada

Un nombre d'heures de travail presque similaire

Quant au nombre moyen d'heures travaillées, elles étaient de 38,3 pour les immigrants, soit un peu plus que les 38,1 pour les Canadiens d'origine. L'écart était plus grand pour les immigrants qui étaient arrivés au pays plus de 10 ans auparavant, à 38,6 heures.

Les travailleurs immigrés effectuaient toutefois moins d'heures supplémentaires (20,3 % comparativement à 26,6 % pour les personnes nées au Canada).

Plus de surqualifiés

Outre cette différence salariale, le nombre de travailleurs immigrants surqualifiés (dans le groupe des 25 à 54 ans) s'élève à 42 %, contre 28 % pour les Canadiens d'origine. « Sans égard à la période écoulée depuis l'arrivée au pays, les immigrants affichaient des proportions plus fortes de surqualification », précise l'étude.

« La proportion d'immigrants diplômés qui étaient surqualifiés était 1,5 fois plus élevée que chez leurs homologues nés au Canada. » — Statistique Canada

Statistique Canada ajoute que « la surqualification était particulièrement fréquente chez les immigrants qui avaient fait des études universitaires et qui étaient arrivés au Canada au cours des cinq années précédant l'enquête ».

Des conditions plus précaires

Du côté des postes temporaires, 9,7 % des immigrants connaissaient cette situation. Pour les Canadiens, ce taux s'élevait à 8,3 %.

En 2008, parmi les travailleurs à temps partiel, la proportion d'immigrants indiquant travailler à temps partiel de façon involontaire (38 %) était plus élevée que celle des travailleurs nés au Canada (30 %). Toutefois, les travailleurs immigrés étaient un peu moins nombreux (11,5 %) à travailler à temps partiel que les Canadiens d'origine (11,7 %). Pour les personnes immigrées depuis moins de 5 ans, le taux de travail à temps partiel s'élèvait toutefois à 13,4 %.

Le taux de syndicalisation s'avère aussi plus faible: la proportion d'employés syndiqués nés au Canada a été près de 1,5 fois supérieure à celle de l'ensemble des immigrants.

La situation des immigrants est comparable au niveau des personnes ayant plus d'un emploi, du travail à temps partiel, des horaires de travail variable et de la formation en cours d'emploi.

Portrait-robot des travailleurs immigrants« En 2008, comparativement à leurs homologues nés au Canada, les immigrants occupés de 25 à 54 ans, et plus particulièrement ceux arrivés au Canada plus récemment, étaient plus jeunes, plus souvent des hommes, avaient des niveaux plus élevés de scolarité postsecondaire, étaient plus susceptibles de travailler dans de petites entreprises et avaient tendance à appartenir à des groupes professionnels différents », peut-on lire dans l'étude de Statistique Canada.

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