Jacques Parizeau soutient Sabia

L'entrevue intégrale de Jacques Parizeau

Jacques Parizeau estime que le virage voulu par le PDG de la Caisse de dépôt et placement du Québec, Michael Sabia, pour soutenir le développement du Québec est un « bon pas en avant ».

Dans une entrevue à RDI Économie, l'ancien premier ministre du Québec estime que le virage voulu par le PDG de l'institution pour soutenir le développement du Québec est un « bon pas en avant ».

L'ancien premier ministre et économiste de formation était interviewé par Radio-Canada à l'occasion de la sortie de son dernier livre, La souveraineté du Québec, hier, aujourd'hui et demain.

« J'ai été très intéressé par ce que M. Sabia a dit. [...] C'est un bon pas en avant. » — Jacques Parizeau

En début de semaine, Michael Sabia a annoncé qu'il planchait sur un plan pour réorienter la Caisse vers le développement économique du Québec. Ce plan sera rendu public au cours des prochains mois.

Jacques Parizeau appelle du même souffle à une plus grande indépendance du président face à toute pression politique.

La crise

Au sujet de la crise financière, devenue crise économique, Jacques Parizeau se dit surpris par l'ampleur des événements. « Si j'avais à choisir un élément, je parlerais de la déréglementation des institutions financières », déclare-t-il lorsqu'interrogé à ce sujet.

Il estime que la Banque du Canada s'est montrée plus sage que les autres institutions de régulation.

« On doit une fière chandelle à la Banque du Canada qui a refusé de s'engager dans ce qui était la mode de la déréglementation. » — Jacques Parizeau

À ce sujet, M. Parizeau écorche la gestion de la Caisse de dépôt et placement du Québec. « Tout le monde n'a pas été aussi sage » que la Banque du Canada, déclare-t-il.

Il estime que la déréglementation de Caisse, qui a surtout eu lieu en 2004, selon lui, a permis à cette dernière « de faire ce qu'elle voulait ». Sur ce constat, il dit espérer un retour à « une réglementation prudentielle ».

La viabilité économique d'un Québec souverain

Celui qui était en poste au moment du référendum de 1995 estime qu'aujourd'hui encore, un Québec souverain serait économiquement viable. Il cite à ce propos des prévisions démographiques qui tablent sur une population québécoise de 9 millions de personnes.

Quant à la dette du Québec, il estime qu'il s'agit d'une question exagérée de façon « invraisemblable ».

« La dette, c'est devenu une obsession au Québec. » — Jacques Parizeau

Pour étayer ses propos, l'économiste calcule que l'endettement public net (ensemble du secteur public, y compris les régimes publics de retraite, mais sans le passif des régimes de retraite des employés de l'État) de la province s'élève à 30,9 %. Si c'est plus que le Canada (20 %), c'est moins que la moyenne des pays de l'Organisation de coopération et de développement économiques (d'où il tire ses chiffres).

Une question le tourmente toutefois: l'éducation.

« Ce qui me frappe le plus à l'heure actuelle, c'est cette société qui commence à casser. Il y a un groupe de jeunes qui font des carrières brillantes. [...] Et puis à côté de ça, vous avez une accumulation d'échecs scolaires, de carrières et de vies qui ne débouchent pas - singulièrement chez les garçons. » — Jacques Parizeau

M. Parizeau parle d'un « gaspillage de cerveaux » et craint de voir un écart de revenus se creuser entre ces deux groupes.

D'après une entrevue de Gérald Fillion diffusée à l'émission RDI en direct sur l'économie

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