![]() CRTC Quebecor et Canwest plaident leur causeMise à jour le jeudi 19 novembre 2009 à 5 h 37
La joute verbale que se livrent depuis lundi les câblodistributeurs et les télévisions généralistes devant le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) s'est poursuivie mercredi, avec la comparution de deux autres joueurs majeurs de l'industrie. Les représentants de Quebecor, qui possède à la fois la chaîne de télévision généraliste TVA, plusieurs chaînes spécialisées ainsi que le câblodistributeur Vidéotron, se sont positionnés dans le camp des généralistes sur la question des redevances télévisuelles. Ils ont fait valoir qu'il est urgent que le CRTC procède à « un rééquilibrage entre les secteurs de la télévision spécialisée et de la télévision généraliste ». Il est consternant qu'il ait fallu attendre que la télévision généraliste canadienne atteigne son point de rupture pour que certains se rendent compte que le modèle actuel ne fonctionne plus. — Pierre Karl Péladeau Pour une redistribution négociée... qui exclut Radio-Canada Concrètement, l'entreprise se dit en faveur d'un partage des redevances entre les diffuseurs et les câblodistributeurs, à l'exclusion du diffuseur public CBC/Radio-Canada. M. Péladeau pose cependant deux conditions. Premièrement, il voudrait pouvoir négocier le prix du signal directement avec les câblodistributeurs, « selon les règles du libre marché ». Il cite plusieurs critères de négociation, dont les cotes d'écoute et le budget de programmation, notamment canadienne. Deuxièmement, il se prononce contre une hausse de la facture des consommateurs. « Les télés généralistes sont la pierre angulaire de notre système de radiodiffusion et elles ont un rôle fondamental à jouer dans la santé démocratique, culturelle, sociale et économique de notre société », a-t-il ajouté. Les dirigeants de Quebecor Media ont expliqué que les télévisions généralistes ne peuvent compter que sur la publicité. Les chaînes spécialisées, elles, bénéficient aussi de redevances d'abonnement, note Quebecor. Et d'ajouter qu'en 2008, ces dernières enregistraient une marge bénéficiaire de 24 %, comparativement à 0,4 % pour les généralistes. Le patron de Quebecor s'est toutefois opposé à ce que Radio-Canada perçoive ce type de redevances. Idem pour Télé-Québec. « Je trouve ça simplement scandaleux, d'autant plus que ça servirait probablement à acheter plus de séries américaines comme ils le font depuis des années », a-t-il déclaré. Il estime que c'est au Parlement d'établir le financement de Radio-Canada. Naturellement, Radio-Canada dira toujours qu'elle manque d'argent. Même si on lui donnait des milliards de plus, elle en manquerait encore. — Pierre Karl Péladeau L'entreprise a ajouté que les téléspectateurs devraient avoir plus de liberté pour décider quelles stations ils désirent regarder, critiquant ainsi l'obligation faite par le CRTC de diffuser certaines chaînes généralistes et spécialisées. Selon lui, les chaînes spécialisées doivent en outre accepter de faire des compromis. Pierre-Karl Péladeau a demandé au CRTC d'accorder trois ans aux parties pour s'entendre. Canwest blâme le CRTC Canwest Global a été le dernier des grands radiodiffuseurs à témoigner devant le CRTC. Sans surprise, l'entreprise, qui s'est mise sous la protection de la loi sur la faillite pour ses activités en télévision, a estimé que les distributeurs par câble et par satellite devraient payer des redevances aux télévisions généralistes pour leurs signaux de télévision. Son président, Leonard Asper, a reproché en outre au CRTC d'avoir établi des règles inéquitables qui ont favorisé financièrement les câblodistributeurs au détriment des radiodiffuseurs. Les distributeurs, dont Rogers et Shaw Communications, ont selon lui acquis tellement de pouvoir qu'ils sont devenus une menace pour les généralistes. Depuis les 40 dernières années, les politiques et les décisions ont favorisé un secteur au détriment de l'autre, provoquant un transfert massif de la richesse. — Leonard Asper, président de Canwest Si les télévisions généralistes gagnaient leur cause auprès du CRTC, les distributeurs pourraient refiler la facture aux consommateurs, ce qui pourrait leur coûter jusqu'à 10 $ supplémentaires par mois. Le président du CRTC, Konrad von Finckenstein, a de son côté une nouvelle fois dit espérer trouver une solution qui n'impliquera pas de hausses de tarifs pour les abonnés des services de câble et de satellite. CTV et Rogers ont précédé Canwest et Quebecor devant le CRTC lundi, suivis le lendemain par Radio-Canada et Bell. Les audiences de l'organisme de régulation se poursuivent jusqu'au 27 novembre à Gatineau. Radio-Canada.ca avec Presse canadienne Dossiers en profondeur
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