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Économie

Redevances télé

Chacun campe sur ses positions

Mise à jour le mardi 17 novembre 2009 à 6 h 09

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Photo: iStock

Le débat entre télévisions généralistes et câblodistributeurs au sujet des redevances télévisuelles a commencé lundi devant le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC).

Pour la troisième fois en trois ans, le CRTC entend la cause des différents représentants de l'industrie canadienne de la télévision, et ce, pendant deux semaines.

Et devant un débat qu'il estime âpre, le président du CRTC, Konrad von Finckenstein, a rappelé que les deux parties avaient besoin l'une de l'autre. Il estime que sa tâche est de s'assurer de la survie des diffuseurs, mais il refuse de voir les consommateurs payer plus.

Je suis très frustré par cette attitude de confrontation.

— Konrad von Finckenstein, président du CRTC

Les télévisions généralistes disent être en difficulté

Le plus important diffuseur privé au pays, CTV, a donné le ton lundi en évoquant la possibilité de fermer d'autres stations régionales, voire la chaîne au complet.

Son président, Ivan Fecan, veut obtenir des redevances sur l'abonnement des câblodistributeurs modulées selon chaque station régionale.

Il est temps que les distributeurs de télévision - et non pas les consommateurs - nous compensent pour la valeur de nos services locaux.

— Ivan Fecan, PDG de CTV

La chaîne veut disposer du droit de couper le signal si les négociations échouaient, et ce, station par station.

Les télévisions généralistes veulent faire payer une redevance aux câblodistributeurs qui utilisent leur signal, ce qui déplaît à ces derniers. L'argent récupéré grâce à la redevance pourrait notamment être injecté dans la production locale.

Le vice-président principal des Services français de Radio-Canada, Sylvain Lafrance, avance que les chaînes généralistes génèrent le plus de contenu.

Les câblodistributeurs rejettent ces arguments

Les câblodistributeurs font valoir que les téléspectateurs ont accès au signal gratuitement, avec un poste de télévision muni d'une simple antenne. Pour cette raison, ils refusent de payer une redevance et affirment que s'ils y sont contraints, c'est le client qui devra s'acquitter du montant de la taxe.

Rogers, qui a comparu lundi après-midi, a d'ailleurs « mis le Conseil en garde contre l'inévitable détérioration des services et la perte d'abonnés si ces derniers devaient subir une forte augmentation de leurs frais mensuels sans obtenir une valeur correspondante en retour ».

« Le secteur canadien de la télévision traditionnelle n'est pas en crise », estime l'entreprise. Elle soutient plutôt que les télédiffuseurs ont plus dépensé pour acheter des émissions américaines.

Sauvegarder les télévisions locales n'est qu'un écran de fumée qui dissimule le vrai problème: les coûts incontrôlés de l'achat d'émissions étrangères.

— Rogers

Les deux camps s'affrontent par campagnes publicitaires interposées. Les télédiffuseurs avec le slogan « Ma télé locale, j'y tiens » et les câblodistributeurs avec leur campagne intitulée « Non à la taxe TV ».

Les audiences du CRTC opposent d'un côté les télédiffuseurs que sont CTV, Global, Radio-Canada/CBC, A, ChekNews, V et NTV, et, de l'autre côté, les câblodistributeurs avec Rogers, Bell, Cogeco, Telus, Shaw et Eastlink.

D'autres audiences en décembre

Notons que le ministre du Patrimoine, James Moore, a aussi demandé à l'organisme réglementaire de se pencher sur la question des redevances lors d'audiences distinctes. Et ce, afin de tenir compte de l'impact d'une éventuelle redistribution des revenus sur les prix payés par les consommateurs.

Le CRTC tiendra donc des audiences distinctes en décembre.

En juin dernier, le comité du patrimoine canadien s'était penché sur les enjeux du financement de la télévision. Il n'avait formulé aucune recommandation, passant la balle dans le camp du CRTC.

Convoqué devant ce comité, le ministre James Moore avait soutenu que les généralistes assureront leur avenir en faisant bon usage des nouvelles technologies.

Le 27 août 2009, le CRTC a toutefois mis sur pied un fonds pour améliorer la programmation locale. Les distributeurs verront ainsi leur contribution à la programmation canadienne passer de 5 % à 6 %. Selon l'organisme, cette augmentation de la contribution représentera 60 millions de dollars par an pour promouvoir la production canadienne.

Radio-Canada.ca avec Presse canadienne

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