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Économie

Chrylser

Fiat prend le volant

Mise à jour le jeudi 5 novembre 2009 à 5 h 40

Le patron de Fiat, Sergio Marchionne, à son arrivée à Auburn Hills.

Photo: AFP/Bill Pugliano

Le patron de Fiat, Sergio Marchionne, à son arrivée à Auburn Hills.

Le patron de Fiat, Sergio Marchionne, a présenté mercredi son plan pour remettre le constructeur automobile américain Chrysler sur la route de la rentabilité.

Selon ce plan, les synergies entre les deux constructeurs devraient permettre à Chrysler d'économiser 2,9 milliards de dollars américains dans les quatre prochaines années.

Dès l'an prochain, Chrysler devrait sauver 500 millions de dollars, puis entre 530 et 660 millions pendant les quatre années suivantes, a précisé Dan Knott, directeur des achats du groupe.

Le nombre de plateformes de fabrication sera réduit de 11 à 7 et 3 d'entre elles proviendront de Fiat. Le troisième constructeur américain recourra à divers éléments de son partenaire italien: technologie de transmission, système électrique central, technologie d'économie de carburant, moteurs, etc.

Cap sur les petites voitures

Une Fiat 500

Photo: AFP/Geoff Robins

Une Fiat 500

L'entreprise va aussi plus miser sur le segment des petites voitures, les modèles à quatre cylindres devant représenter 38 % d'ici 2014. Les véhicules de 6 et 8 cylindres devraient constituer 48 % de la production cette même année, comparativement à 72 % en 2010.

Scott Kunselman, directeur de l'ingénierie du groupe a soutenu que Chrysler allait produire « 21 nouveaux modèles, dont deux sur le segment des petits véhicules » - ce qui n'inclut pas les modèles en cours de conception ou importés d'Italie.

La Fiat 500 va d'ailleurs être lancée aux États-Unis dans les zones urbaines et dans une version adaptée au marché nord-américain, a indiqué mercredi le directeur du réseau nord-américain de Chrysler, Peter Grady. Aucune date de lancement n'est précisée pour l'instant.

Le constructeur prévoit aussi investir plus de 120 millions de dollars dans son réseau de distribution en 2010.

Réorienter les marques

Lors de sa présentation à Auburn Hills, d'une durée de six heures, le constructeur a présenté ses axes de restructuration pour ses marques.

En plus d'un nouveau logo, la marque Dodge comptera trois nouveaux véhicules d'ici 2012-2013 et verra son modèle Caravan amélioré. Ces annonces devraient se traduire par de nouveaux investissements à l'usine de Windsor, en Ontario, rapporte le Globe and Mail. Quant à la Viper, elle ne sera plus produite à partir de juillet 2010.

Son pendant Ram sera réservé aux camions.

Du côté de Jeep, les objectifs de vente sont revus à la hausse, à 800 000 en 2014 comparativement à 487 000 l'an dernier. Cette filiale pourra entre autres compter sur un nouveau modèle, plus petit, qui utilisera un châssis conçu par Fiat.

Parmi les autres annonces possibles figure le retour de la marque Alfa Romeo aux États-Unis.

200 millions de bénéfices

Côté finances, M. Marchionne a annoncé que Chrylser disposait de 5,7 milliards de dollars américains de liquidités, comparativement à 4 milliards en juin dernier. Le constructeur a réalisé un bénéfice d'exploitation de 200 millions au troisième trimestre.

Certains d'entre vous [présument] que nous perdons de l'argent. [...] Ce n'est pas vrai. La plupart d'entre vous ont sous-estimé l'importante réduction des coûts fixes réalisée par l'ancien Chrysler. Le nouveau Chrysler est incroyablement économe.

— Sergio Marchionne

Selon M. Marchionne, les analystes financiers ont sous-évalué les réductions de coûts effectuées par le fonds d'investissement Cerberus.

M. Marchionne a déjà affirmé le mois dernier que Chrysler pouvait revenir aux bénéfices au cours des deux années à venir et qu'il prévoyait une introduction en Bourse « après 2010 ».

Chrysler a encaissé un recul de ses ventes de 30 % au mois d'octobre par rapport à l'an dernier, à la différence de Ford et de General Motors qui ont connu de légères hausses.

Au Canada, Chrysler espère augmenter ses ventes d'au moins 33 % d'ici 2014, alors qu'il s'attend à une hausse de 8 % pour le secteur automobile au complet au pays.

Une entreprise cabossée

Avant d'être rachetée par Fiat, cette entreprise est passée par les mains de l'allemand Daimler, avant d'être vendue à Cerberus, pour ensuite être renflouée par Washington, pour ensuite faire brièvement faillite.

Radio-Canada.ca avec Agence France Presse et Reuters

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