Adam Opel, fondateur du fabricant automobile allemand.
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AFP/MARTIN OESER
Le constructeur automobile américain General Motors lève un coin de voile sur ses intentions, après son annonce surprise de mardi de conserver Opel dans son giron.
Le constructeur américain commence à chiffrer ses intentions concernant sa division qu'il a refusé de vendre à Magna International, sur fond de mécontentement de Berlin et des syndicats allemands.
Il prévoit licencier environ 10 000 employés d'Opel, sa filiale européenne qui emploie actuellement plus de 50 000 personnes en Europe, a déclaré mercredi le vice-président de GM, John Smith.
M. Smith a exprimé l'espoir que le gouvernement allemand « trouve des mérites » à son plan de restructuration.
Berlin tonne
La décision du conseil d'administration de General Motors de ne plus vendre sa marque Opel au duo formé de l'équipementier canadien Magna International et de la banque russe Sberbank a provoqué colère et satisfaction.
« Nous récupérerons l'argent du contribuable », a déclaré mercredi le ministre de l'Économie, Rainer Bruderle, en évoquant le prêt de 2,4 milliards de dollars consenti à GM pour financer le projet de vente. Cette aide avait suscité la grogne des voisins européens.
« Si on nous le demande, GM remboursera le prêt-relais en question », a assuré une porte-parole de GM Europe, Karin Kirchner.
Du côté des travailleurs, la principale centrale syndicale allemande, IG Metall, et le représentant des salariés d'Opel, Klaus Franz, ont annoncé des mouvements de grève pour protester contre la restructuration.
Les employés reviendront sur les concessions faites pour favoriser la vente à Magna. Les syndicats d'Opel s'étaient entendus avec l'équipementier canadien pour une réduction des coûts de 390 millions de dollars par an, en échange d'une participation dans l'entreprise.
Pour le gouvernement et les syndicats allemands, la vente d'Opel constituait la meilleure solution pour préserver des emplois. Opel emploie plus de 49 000 personnes en Europe, dont environ 25 000 en Allemagne, où se trouvent son siège et quatre usines.
Magna avait annoncé son intention de supprimer jusqu'à 10 500 emplois chez Opel, dont 4500 en Allemagne, son principal lieu d'implantation.
Magna fait profil bas
Le président de Magna International, Frank Stronach
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PC/Adrian Wyld
L'équipementier canadien essuie un deuxième échec avec cette annonce, après avoir essayé de mettre la main sur Chrysler en 2007.
Le PDG de Magna International, Frank Stronach, a déclaré au Globe and Mail être prêt à passer à autre chose. Et d'ajouter: « Ce n'est pas à nous de critiquer un client ». Magna International est un fabricant de pièces automobiles et General Motors représente son plus important acheteur.
Mercredi, le Globe and Mail citait des sources industrielles qui soutiennent que GM avait craint de devoir partager les secrets technologiques de la production d'Opel avec Magna et, par extension, avec son partenaire russe GAZ. Ces informations deviennent de plus précieuses, alors que les petites voitures constituent un créneau porteur pour les prochaines années.
Réactions contrastées à Washington, Londres et Madrid
De son côté, la Maison-Blanche s'est dite étrangère à ce demi-tour mercredi.
Opel s'est contenté de publier un communiqué dans lequel il affirme que la décision du conseil d'administration de GM clarifie la situation d'Opel/Vauxhall.
En Grande-Bretagne, où se trouvent les usines Vauxhall, Londres et le syndicat Unite ont appris la décision avec satisfaction. Le gouvernement britannique a même proposé d'apporter une aide financière au fabricant américain.
Le gouvernement et les représentants syndicaux espagnols affichaient quant à eux de la surprise et de la méfiance quant aux projets de GM pour l'usine de Figueruelas qui emploie 7000 personnes. Au terme de longues négociations, Magna avait réduit de 1700 à 900 le nombre d'emplois qu'il voulait supprimer dans cette entreprise.
La volte-face de GM
Mardi à Détroit, le conseil d'administration a décidé de ne plus aller de l'avant avec la vente de sa filiale européenne. Le même jour, le constructeur avait annoncé une hausse de ses ventes de 4 % en octobre par rapport à l'an dernier.
Le conseil d'administration du constructeur américain avait pourtant recommandé la vente de 55 % d'Opel au duo formé par Magna et Sberbank en septembre dernier.