Entente avec la FTQ, discorde avec la CSN

Le journal La Presse

La direction du quotidien La Presse affirme avoir conclu une entente de principe avec quatre de ses syndicats, qui représentent environ le tiers de ses effectifs. Il s'agit des syndicats affiliés à la FTQ représentant la publicité, la préparation, l'imprimerie interne et la chaufferie.

La direction du quotidien montréalais affirme avoir conclu une entente de principe avec quatre de ses syndicats, qui représentent environ le tiers de ses effectifs. La CSN porte plainte à la Commission des relations de travail.

La plus grande partie des syndiqués, affiliés à la CSN, n'ont toujours pas fini de négocier avec l'employeur. Il s'agit des syndicats de la rédaction, du personnel de bureau, de l'informatique et de la distribution.

L'entente de principe avec les syndiqués de la FTQ est intervenue mercredi midi, selon la direction de La Presse. Elle sera soumise aux syndiqués concernés jeudi.

La direction du quotidien de la rue Saint-Jacques n'a pas voulu en dévoiler le contenu avant que les syndiqués en prennent connaissance.

Dans un message aux employés que Radio-Canada s'est procuré, le Syndicat des travailleurs de l'information, affilié à la CSN, a tenu à souligner que « quatre syndicats de La Presse, représentant plus de 500 membres sur 650, n'ont toujours pas conclu d'entente ».

« Des questions importantes restent en suspens, en particulier les aménagements à apporter à la semaine de travail, le remboursement des médicaments d'origine par les assurances, l'indexation des rentes à la retraite, le maintien du régime à prestations déterminées pour les employés surnuméraires ainsi que la durée de la prochaine convention collective. » — Syndicat des travailleurs de l'information de La Presse

La CSN porte plainte à la Commission des relations de travail

De son côté, la CSN a déposé une plainte contre La Presse pour « négociation de mauvaise foi et pour ingérence dans les affaires syndicales » auprès de la Commission des relations du travail, mercredi après-midi.

Le syndicat souhaite ainsi obtenir une ordonnance provisoire « empêchant la direction du quotidien montréalais de continuer à contourner les représentants des travailleurs en s'adressant directement aux syndiqués ».

Il revient aussi à la charge pour obtenir les états financiers de l'entreprise des cinq dernières années. La direction a accepté de fournir plusieurs données lorsqu'elle a fixé son ultimatum, dont les états financiers détaillés de janvier à août 2009, à la firme de vérification embauchée par le syndicat. Mais ces chiffres ne devraient pas être disponibles avant début novembre, soutient l'entreprise.

« Depuis l'ouverture des négociations entre les syndicats et la direction de La Presse, cette dernière, par la voix de son président, Guy Crevier, ne s'est pas privée pour communiquer directement avec ses employés en cherchant à mettre à mal la crédibilité des représentants syndicaux. » — La CSN

Et le syndicat de déclarer que l'offre envoyée aux employés lundi dernier n'a pas été « déposée formellement auprès des représentants syndicaux ».

La présentation d'ordonnance provisoire sera entendue par la commission le 2 novembre prochain, précise le syndicat.

Un ultimatum jusqu'au 1er décembre

Vendredi dernier, la direction a mis fin au huis clos des négociations, à cinq semaines de l'ultimatum fixé le mois dernier.

Elle demande notamment:

  • le passage à la semaine de cinq jours;
  • un gel salarial pendant trois ans;
  • le licenciement de 48 aides-distributeurs avec indemnités;
  • le passage à des cotisations déterminées plutôt que des prestations déterminées pour les nouveaux employés, afin de réduire les coûts de 2 % de la caisse de retraite.

Le quotidien de la rue Saint-Jacques soutient avoir vu ses revenus publicitaires « accuser un retard de 14,5 % par rapport à l'an dernier ». Gesca, qui détient le quotidien, veut réduire ses coûts de main-d'oeuvre de 13 millions de dollars supplémentaires par année, pour économiser un total de 26 millions annuellement.

L'entreprise expliquait en septembre que des banques étaient prêtes à lui prêter l'argent nécessaire pour combler le déficit du régime de retraite, mais à condition qu'elle parvienne à réduire ses coûts de 26 millions de dollars.

Le quotidien de la rue Saint-Jacques soutient avoir déjà pris plusieurs mesures pour réduire ses coûts:

Le 3 septembre dernier, la direction avait menacé de suspendre sa publication, sur papier et sur Cyberpresse, le 1er décembre prochain, si elle n'arrivait pas à s'entendre avec ses employés sur une nouvelle convention collective.

Gesca en brefLe groupe détient sept quotidiens au Québec et en Ontario, dont La Presse et Le Soleil (à Québec). L'entreprise appartient à Power Corporation, propriété de la famille Desmarais.

En 2008, Power Corporation a déclaré un bénéfice net de 868 millions de dollars, en baisse par rapport à celui de 2007 qui s'élevait à 1463 millions.

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