La direction du quotidien La Presse met fin au huis clos des négociations, à cinq semaines de l'ultimatum fixé le mois dernier. L'éditeur du journal, Guy Crevier, a envoyé un courriel aux employés jeudi pour les en informer.
La direction du quotidien La Presse met fin au huis clos des négociations avec les syndicats, cinq semaines avant l'ultimatum du 1er décembre, tandis qu'un possible retour à la table des négociations point au Journal de Montréal.
Au coeur de l'impasse: le passage à la semaine de cinq jours. « Dans son offre de règlement, La Presse propose que l'implantation de la semaine de cinq jours se fasse sans mises à pied parmi les employés réguliers de tous les services », écrit M. Crevier.
La direction ajoute avoir retiré sa demande de diminution de salaire de 6 % en 2010, pour proposer un contrat de travail de trois ans (de 2009 à 2011) avec un gel salarial.
La Presse veut aussi licencier 48 aides-distributeurs, avec compensation. « Il est hors de question de maintenir des emplois qui ne sont pas nécessaires à ses opérations », écrit Guy Crevier.
Le régime de retraite constitue une autre pierre d'achoppement, selon la direction. « Depuis 2002, La Presse a dû verser en contributions additionnelles dans ses régimes de retraite la somme de 41 millions de dollars, soit 55 000 $ par employé », peut-on lire dans le courriel.
Le quotidien de la rue Saint-Jacques voit ses revenus publicitaires « accuser un retard de 14,5 % par rapport à l'an dernier ».
Le 3 septembre dernier, la direction avait menacé de suspendre sa publication, sur papier et sur Cyberpresse, si elle n'arrivait pas à s'entendre avec ses employés sur une nouvelle convention collective.
Le syndicat demande l'intervention d'un conciliateur
Dans une réaction envoyée aux employés, les huit syndicats ont « déploré que l'employeur ait rompu les négociations ». Le texte précise que sept syndicats sur huit ont accepté de mettre fin à la semaine de travail de quatre jours et qu'ils avaient demandé de faire des aménagements à la nouvelle semaine de cinq jours.
Et d'ajouter que « la négociation demeure la meilleure voie pour assurer l'avenir de La Presse ».
Les syndicats, qui prévoient convoquer leurs membres en assemblée générale la semaine prochaine, vont donc demander l'intervention d'un conciliateur. Et ce, afin de trouver « des solutions équitables pour tous ».
Signe de dégel au Journal de Montréal
L'édifice du Journal de Montréal.
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PC/Peter McCabe
Pendant ce temps, le conflit de travail au Journal de Montréal continue. Mais la direction et le syndicat pourraient bientôt revenir à la table des négociations.
La direction du quotidien doit rencontrer sous peu la partie syndicale, en présence du conciliateur Pierre-Marc Bédard, afin d'explorer une telle possibilité.
C'est ce qu'a indiqué jeudi Pierre Karl Péladeau, président et chef de la direction de Quebecor Media, à qui appartient le quotidien, en marge d'un discours prononcé jeudi.
« On veut se donner une chance mutuellement », a ajouté une porte-parole de Quebecor Media, Isabelle Dessureault, en soulignant toutefois qu'il était encore trop tôt pour parler d'un retour à la table des négociations.
Mme Dessureault n'a pas voulu préciser à quel moment aurait lieu la rencontre.
Une nouvelle proposition sur la table
Au début du mois, le syndicat a remis au conciliateur une nouvelle proposition qui touche plusieurs des points sur lesquels l'employeur souhaite discuter. Parmi ceux-ci figurent les horaires de travail, la question du « multiplateforme » et du « multitâche », le régime complémentaire de retraite et la réduction des effectifs.
Le syndicat a accueilli favorablement l'idée d'une rencontre préliminaire, évoquant « une bonne nouvelle ».
« Ce que M. Bédard veut faire, c'est de s'assurer que le retour à la table de négos va fonctionner. Alors, il veut faire une espèce de prérencontre, en comité restreint, de façon à s'assurer que le retour à la négo se fasse correctement et soit viable », a déclaré le président du Syndicat des travailleurs de l'information du Journal de Montréal, Raynald Leblanc.
Plus tôt cette semaine, le ministre du Travail, Sam Hamad, a dit souhaiter que les deux parties en arrivent à une entente « le plus rapidement possible ». De son côté, le député péquiste François Rebello a estimé que le ministre devait « en faire plus » pour favoriser une relance des pourparlers.
Les 253 membres du STIJM sont en lock-out depuis janvier.