Partenariats dans les groupes de presse

  |  Florent DaudensTwitter  |  Radio-Canada
National Post   © PC/Nathan Denette

CBC.ca et le National Post annoncent du changement pour leurs lecteurs. Le réseau anglais de Radio-Canada et le quotidien National Post ont conclu une entente sur le partage de contenus.

Canadian Broadcasting Corporation et une filiale de Canwest Global Communications concluent une entente pour partager du contenu destiné à leurs différentes plateformes. Washington Post et Bloomberg partageront aussi leurs contenus.

CBC.ca présentera sur une base quotidienne, dans sa section Money, du contenu économique et de la baladodiffusion produits par le Financial Post. En contrepartie, le National Post offrira, lui aussi sur une base quotidienne, du contenu sportif sur son site nationalpost.com provenant du service des sports de CBC. L'édition papier présentera occasionnellement des reportages de l'équipe des sports de CBC.

Les détails financiers de l'entente, qui entre en vigueur immédiatement, n'ont pas été divulgués.

Le National Post est une filiale de l'entreprise de presse Canwest Global Communications Corp., qui possède aussi le quotidien The Gazette et le réseau de télévision Global.

Signe des tempsAux États-Unis, Bloomberg et le Washington Post créent un partenariat pour partager leurs contenus économique et politique. Selon cette entente, ils coproduiront un site de nouvelles économiques qui sera disponible sur le site Internet du Post.

Au cours des derniers mois, le Washington Post, comme d'autres journaux, a éliminé des emplois dans un contexte économique difficile.

Radio-Canada et L'Actualité ont déjà une entente d'échange de visibilité. Les sites Radio-Canada.ca et lactualite.com affichent les contenus de leur partenaire.

Une possible concentration de la presse

L'équivalent anglophone de Radio-Canada soutient que le contenu ainsi obtenu ne changera pas sa façon de couvrir l'actualité. Les articles du Financial Post permettront plutôt d'augmenter la couverture existante, ajoute le service des communications.

Mais plusieurs observateurs en doutent, notamment Anne-Marie Gingras, professeur de science politique à l'Université Laval. Elle y voit un renforcement de la concentration de la presse sur les questions économiques, d'autant plus inquiétant étant donné les deux entreprises impliquées.

« C'est une mauvaise nouvelle pour la diversité de l'information. On file vers une homogénéisation des nouvelles économiques et financières. » — Anne-Marie Gingras, professeur de science politique à l'Université Laval

Elle ajoute qu'il s'agit d'une « alliance entre le public et le privé assez inquiétante ». Et d'ajouter: « Le National Post a une perspective assez favorable au libre-marché ».

« La crise accélère les changements »

Son confrère Claude Martin, spécialiste en économie des médias à l'Université de Montréal, note toutefois que « la crise économique accélère toujours des changements, parfois même fondamentaux. Et pas seulement dans les médias ». « Un des enjeux qui se dessinent, et qui n'a pas été seulement provoqué par la crise, c'est le statut des journalistes », ajoute-t-il.

« On assiste à une taylorisation des médias. » — Claude Martin, professeur et spécialiste en économie des médias à l'Université de Montréal.

M. Martin note que ce type de changements pourrait amener les journalistes à se spécialiser, ce qui peut constituer une bonne chose en leur permettant d'approfondir leur expertise. Mais il s'inquiète du même souffle: « Ce changement remet aussi en question le pouvoir et la capacité du journalisme à participer au débat public ».

Rappelons que le groupe Canwest, durement touché par la récession, lutte pour sa survie. Le géant canadien des télécommunications tente de refinancer une dette de 4 milliards de dollars.

D'ailleurs, le Globe and Mail de vendredi rapportait que l'actuel chef de la direction du National Post, Paul Godfrey, pourrait se porter acquéreur du quotidien, avec l'aide de fonds d'investissement. Canwest a toutefois démenti ces informations.

Le National Post avait supprimé son édition du lundi l'été dernier. Quant au réseau anglais de CBC, il a licencié plus de 500 personnes cette année.

L'économie avec Gérald Fillion

Classe économique avec Jean-Sébastien Bernachez

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