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Économie Sommet du G20

Le Sud prend du galon

Mise à jour le vendredi 25 septembre 2009 à 20 h 08

Les dirigeants du G20 réunis à Pittsburgh

Photo: AFP/Stephen Jaffe

Les dirigeants du G20 réunis à Pittsburgh

Les dirigeants du G20, réunis depuis jeudi à Pittsburgh, s'engagent à assurer un « modèle de croissance mondiale plus équilibré », peut-on lire dans le communiqué final.

Un équilibre qui pourrait passer par la consécration du G20 comme « forum de référence de la coopération économique internationale », selon les termes du communiqué.

Cette décision vise à refléter davantage, selon la présidence américaine, le poids des pays émergents comme la Chine, le Brésil ou l'Inde dans l'économie mondiale. Des plus petits joueurs au sein du G8, comme le Canada et l'Italie, pourraient perdre de leur influence dans la structure élargie du G20.

La délégation française a ajouté que c'est en 2010 qu'il y aura des discussions sur la nouvelle architecture du G20.

Le G20 au Canada

Le premier ministre Stephen Harper a annoncé, à l'occasion d'une conférence de presse tenue vendredi matin, que le Canada sera l'hôte du prochain sommet du G20, en juin 2010. Ce sommet sera coprésidé par la Corée du Sud et le Canada. Le Canada accueillera aussi le sommet du G8 à Huntsville Muskoka, en Ontario. Un deuxième sommet du G20 se tiendra en Corée en novembre 2010.

Rééquilibrage des droits de vote au FMI

Les dirigeants du G20 se sont aussi mis d'accord sur un transfert d'« au moins 5% » des quote-parts du FMI aux « pays émergents et en développement dynamiques », selon le directeur général du Fonds, Dominique Strauss-Kahn. Bémol important: la négociation de la répartition de ces droits reste à négocier, à précisé M. Strauss-Kahn.

Cette décision a pour but de rééquilibrer la représentativité des pays au sein du FMI, en faisant une plus grande place aux pays émergents. Créés après la Seconde Guerre mondiale, le FMI et la BM sont dominés par les principales puissances occidentales.

Le FMI sur la table

La question des droits de vote constituait une pierre d'achoppement majeure. Au sommet de Washington, en novembre dernier, le groupe s'était donné pour mission d'aligner les droits de vote de chaque pays, notamment pour donner « plus de voix et de représentation » aux pays émergents et en développement. À Londres, en avril dernier, il avait recommandé « des mesures urgentes pour corriger les défaillances » de la structure du FMI en la matière.

À Pittsburgh, le sommet du G20 était attendu sur des annonces concrètes. Les pays du BRIC (Brésil, Russie, Inde et Chine) ont déployé de nombreux efforts en ce sens. L'Empire du Milieu, la Corée du Sud et la Turquie devraient être les principaux bénéficiaires du transfert de 5 % des droits de vote. La Grande-Bretagne, la France et la Belgique, ainsi que des pays émergents comme l'Arabie Saoudite ou l'Iran, devraient en faire les frais.

Pas de limitation des primes dans l'immédiat

Les dirigeants du G20 ne se sont toutefois pas entendus sur des règles concrètes concernant les primes des banquiers. Ils s'engagent plutôt à parvenir à un accord d'ici 2012.

Nous nous engageons à developper des règles internationales pour améliorer tant la quantité que la qualité des capitaux des banques, afin de décourager les niveaux d'endettement. Ces règles seront alignées avec l'amélioration des conditions financières et la reprise économique, avec pour objectif de les implanter en 2012.

— Communiqué des pays du G20

Le président français Nicolas Sarkozy a indiqué dans sa conférence de clôture que les règles de Bâle II (des normes comptables) sur la solidité financière des banques s'appliqueraient partout dès 2011.

Les fuites préalables dans les médias évoquaient une limitation des primes de rendement dans le secteur de la finance, non seulement pour les opérateurs de marché, mais pour les banquiers eux-mêmes. Le montant qu'ils toucheraient serait limité à un pourcentage des profits des banques.

La rémunération serait aussi liée au rendement des banquiers à long terme pour éviter la prise de risque. La Banque Royale du Canada et la Scotia viennent d'ailleurs d'annoncer des changements dans la rémunération de leurs courtiers.

Les mesures de relance restent en place

Les pays membres s'engagent aussi à ne pas retirer leurs mesures de relance immédiatement. Ils le feront « d'une manière coordonnée et concertée, lorsque le moment sera venu ».

Les marchés sont revenus à la vie et nous avons empêché la crise de se propager [...]. Mais nous savons qu'il reste beaucoup à faire.

— Barack Obama

Le président américain estime que les efforts concertés des différents pays ont sauvé des millions d'emplois et ouvert la voie à une plus grande responsabilité économique.

Relance du cycle de Doha

Les dirigeants du G20 se sont aussi engagé à conclure les négociations dites du cycle de Doha en 2010.

Lancées en 2001, les négociations de Doha sur la libéralisation des échanges mondiaux achoppent toujours sur un certain nombre de questions dont la réduction des subventions agricoles et la suppression des barrières douanières dans l'industrie.

Sa formulation est l'expression d'un compromis entre les États-Unis, peu enclins à fixer une date pour un accord de principe sur les grandes lignes, et d'autres pays comme le Brésil, l'Union européenne et l'Australie, déterminés à conclure les discussions rapidement.

Vers Copenhague

Les États membres du G20 se sont entendus pour supprimer à moyen terme les subventions publiques en faveur des sources d'énergies fossiles, peut-on lire dans le communiqué final.

Les subventions sur les carburants fossiles encouragent la consommation, réduisent notre sécurité énergétique, nuisent à l'investissement dans les sources d'énergies propres et affectent les efforts mis en oeuvre pour faire face au réchauffement climatique.

— Communiqué final

Ils promettent en outre de redoubler d'efforts pour parvenir à un accord sur la lutte contre le réchauffement climatique lors de la conférence de Copenhague, qui se tiendra du 7 au 18 décembre.

La voix des manifestants

En marge du sommet, des heurts sporadiques ont opposé de nombreux manifestants et des policiers. Des vitrines ont volé en éclats et des bouteilles ont été lancées. Un porte-parole du collectif Résistance au G20 affirme que la police a fait usage de gaz lacrymogènes, de matraques et de balles de caoutchouc.

De leur côté, les autorités font état de 66 arrestations au cours des différentes manifestations. Un suspect sera poursuivi pour incitation à l'émeute, et quatre autres pour violences aggravées. Les 10 autres protestataires ont été emmenés après avoir refusé de se disperser.

Jeudi, la police avait tiré des gaz lacrymogène et des balles de plastique sur des manifestants qui tentaient d'approcher le centre de conférences qui abrite le sommet du G20.

Radio-Canada.ca avec Reuters et Agence France Presse

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