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Économie Vente d'Opel

GM veut garder le contrôle

Mise à jour le mercredi 23 septembre 2009 à 11 h 46

Fritz Henderson, PDG de General Motors

Photo: AFP/Bill Pugliano

Fritz Henderson, PDG de General Motors

Fritz Henderson, le directeur général du constructeur américain General Motors (GM), dit vouloir garder le contrôle de pans essentiels de la stratégie d'Opel après sa vente à l'équipementier Magna.

Nous allons conserver de façon substantielle le contrôle sur le développement des produits et des moteurs, soit sur la propriété intellectuelle et sur les achats globaux.

— Fritz Henderson, PDG de GM

GM veut quatre des huit sièges du futur conseil d'administration et ouvrir un bureau « d'au moins 8 à 10 personnes » au sein même du siège d'Opel en Allemagne, a soutenu M. Henderson dans un entretient avec le magazine allemand Auto motor und sport.

Officiellement, Opel aura « toute la liberté de se développer », a indiqué le dirigeant. « Même si Opel projetait de développer un vaisseau spatial, nous ne nous interposerions pas. Mais nous ne paierions pas les coûts de développements pour cela », a-t-il ironisé.

10 500 emplois en jeu

Entre 3000 et 5000 employés d'Opel ont manifesté mercredi à l'usine d'Anvers, en Belgique.

Photo: AFP/Georges Gobet

Entre 3000 et 5000 employés d'Opel ont manifesté mercredi à l'usine d'Anvers, en Belgique.

GM négocie actuellement avec l'équipementier canadien Magna et son partenaire russe, la banque Sberbank, pour finaliser un accord de reprise de ses filiales européennes Opel et Vauxhall, dont il veut conserver 35 % du capital.

Les discussions portent notamment sur les suppressions d'emplois. Magna a annoncé son intention de supprimer environ 10 500 emplois, sur un total de 49 500 salariés de GM en Europe.

Les syndicats européens du constructeur automobile ont d'ailleurs réuni mercredi de 3 à 5000 personnes, dont des centaines venues d'Allemagne, devant l'usine d'Anvers, en Belgique. Le but: afficher leur « solidarité », alors que les dirigeants des pays de l'Union se déchirent sur ce dossier.

« La nouvelle Opel doit fermer au moins une usine. Anvers est une option; mais rien n'a été définitivement décidé », a réaffirmé à ce propos M. Henderson.

L'aide gouvernementale remise en question

Le commissaire européen à l'Industrie, Günther Verheugen, s'est montré plus brutal à ce sujet. Il a déclaré mercredi, sur la chaîne allemande ZDF, que des suppressions d'emplois importantes étaient inévitables chez Opel. Et d'ajouter que les gouvernements devaient cesser de prétendre que l'argent public réglerait le problème.

Il n'y a pas d'autre solution qu'une indispensable restructuration de l'industrie automobile européenne et cela n'ira pas sans pertes d'emplois et sans coupes douloureuses.

— Le commissaire européen à l'Industrie, Günther Verheugen

Le gouvernement fédéral allemand, et les quatre États régionaux où sont implantés des usines Opel, ont prévu d'accorder d'importantes aides publiques à Magna, afin d'aider à préserver des emplois. Cette aide a provoqué l'ire d'autres pays européens qui accusent Berlin de protectionnisme.

Le ministre allemand de l'économie, Karl-Theodor zu Guttenberg, a d'ailleurs tenté de calmer le jeu mercredi dans une interview avec le quotidien Handelsblatt.

L'Allemagne a aussi peu d'intérêt que ses partenaires européens à se livrer à une concurrence sur les subventions ou à une foire d'empoigne sur les emplois.

— Le ministre allemand de l'économie, Karl-Theodor zu Guttenberg

Radio-Canada.ca avec Agence France Presse

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