CTV en difficulté dans un milieu en crise

  |  Florent DaudensTwitter  |  Radio-Canada avec National Post
CTV   © PC/Kevin Frayer

La chaîne de télévision CTV connaît d'importantes difficultés financières. À tel point qu'elle a dû renégocier plusieurs prêts avec ses créanciers.

Le réseau de télévision tente de renégocier sa dette de 1,9 milliard de dollars, sur fond de crise des télévisions généralistes qui comptent se faire entendre devant les autorités à la mi-novembre.

La chaîne traîne une dette de 1,9 milliard de dollars, selon les données dévoilées par le National Post à partir des chiffres de Torstar, qui détient 20 % de la maison-mère, CTVglobemedia. Celle-ci est notamment propriétaire du Globe and Mail et de RDS.

Comme les autres chaînes de télévision généralistes, CTV fait face à une chute de ses revenus publicitaires.

Rappelons que le réseau concurrent, Canwest Global, connaît aussi son lot de difficultés. Il a fermé plusieurs stations et vendu d'autres - certaines pour quelques dollars. L'entreprise tente depuis des mois de restructurer sa dette de 3,9 milliards de dollars.

Les propriétaires de CTVglobemediaLe réseau est détenu à 40 % par la famille Thomson, par l'intermédiaire de Woodbrige. BCE, actionnaire majoritaire jusqu'en 2006, détient aujourd'hui 15 % des actions de l'entreprise, contre 25 % par Teachers et 20 % par Torstar, aussi éditeur du Toronto Star.

Les généralistes reviennent à la charge

Régie de Radio-Canada Régie de Radio-Canada   © Luc lavigne

Lundi, ces deux réseaux et Radio-Canada ont lancé une campagne au sujet de « la viabilité future des télédiffuseurs généralises et du service de télévision locale qu'ils offrent », note le communiqué du diffuseur public.

Les télédiffuseurs généralistes réclament depuis plusieurs années d'obtenir des redevances des câblodistributeurs qui les « parasitent » en diffusant leur signal sur leur réseau sans frais.

Le constat est sans appel: « Le modèle économique de la télévision généraliste ne fonctionne plus », note le communiqué de Radio-Canada.

Parmi les principaux câblodistributeurs au Canada figurent Rogers, Shaw, Quebecor (qui possède aussi la chaîne généraliste TVA) et Cogeco.

Le CRTC se penche doublement sur la question

Le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) doit à nouveau se pencher sur la question à la mi-novembre, conformément à ce qu'elle avait annoncé dans une précédente décision.

L'organisme va notamment étudier « d'autres mécanismes d'appui à la programmation locale » et « un mécanisme afin d'établir, par le biais de la négociation, une valeur marchande équitable pour les signaux des stations de télévision traditionnelle » distribués par les câblodistributeurs.

Le ministre du Patrimoine, James Moore, a aussi demandé à l'organisme réglementaire de se pencher sur la question, ce que le CRTC a accepté de faire dans des audiences distinctes en décembre.

La principale différence réside dans le fait que le gouvernement conservateur a demandé au CRTC de tenir compte de l'impact d'une éventuelle redistribution des revenus sur les prix payés par les consommateurs.

Une décision dont s'est rapidement félicité Rogers, l'un des principaux câblodistributeurs.

« Le gouvernement dit que le CRTC doit tenir compte de l'impact sur les consommateurs de droits de transmission, ce qui est quelque chose que nous avons toujours préconisé. Nous devons nous assurer que les consommateurs sont à l'avant-plan de cette discussion. » — Phil Lind, vice-président, Rogers Communications

Rappelons que le CRTC a déjà rejeté à deux reprises le concept des droits de transmission.

Les Communes passent la balle au CRTC

En juin dernier, le comité du patrimoine canadien s'était penché sur les enjeux du financement de la télévision. Il n'avait formulé aucune recommandation, passant la balle dans le camp du CRTC.

Convoqué devant ce comité, le ministre James Moore avait soutenu que les généralistes assureront leur avenir en faisant bon usage des nouvelles technologies. Il n'avait donné aucun signal selon lequel le gouvernement conservateur pourrait augmenter son aide aux télévisions généralistes, comme celles-ci le réclament.

Le 27 août 2009, le CRTC a toutefois mis sur pied un fonds pour améliorer la programmation locale. Les distributeurs verront ainsi leur contribution à la programmation canadienne passer de 5 % à 6 %. Selon l'organisme, cette augmentation de la contribution représentera 60 millions de dollars par an pour promouvoir la production canadienne.

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