Magna sort la hache

  |  Radio-Canada avec Associated Press et Reuters
Le co-président de Magna, Siegfried Wolf (en avant), et le PDG de Sberbank, Herman Gref Le co-président de Magna, Siegfried Wolf (en avant), et le PDG de Sberbank, Herman Gref   © AFP/Torsten Silz

L'équipementier automobile canadien Magna lève le voile sur ses intentions. Lundi, le coprésident de Magna International, Siegfried Wolf, a annoncé son intention de supprimer jusqu'à 10 500 emplois chez le constructeur automobile Opel, dont 4500 en Allemagne, son principal lieu d'implantation.

L'équipementier canadien prévoit licencier jusqu'à 10 500 personnes chez le constructeur automobile européen, dont 4500 en Allemagne, son principal lieu d'implantation.

Cette annonce risque de provoquer un tollé dans tous les pays européens où est implantée la marque à l'éclair, notamment en Allemagne où ont lieu des élections législatives dans moins de deux semaines. Magna International s'était engagée à ne fermer aucune usine, sans toutefois se prononcer au sujet des emplois.

Malgré cette annonce, les nouveaux dirigeants d'Opel se sont voulus rassurants.

« Nous ferons tout notre possible pour éviter des pertes d'emplois. » — Siegfried Wolf, co-président de Magna International

Le coprésident de Magna International n'a pas précisé quelles usines seraient affectées par ces plans sociaux, mais il a fait référence au plan initial de l'équipementier. Ce plan présenté en juillet envisageait jusqu'à 2321 suppressions d'emplois dans l'usine d'Anvers en Belgique, 2045 à Bochum (en Allemagne) et 830 à l'usine Vauxhall - marque britannique d'Opel - à Ellsmere Port en Grande-Bretagne.

L'Allemagne en pleine élection

La chancelière allemande Angela Merkel visite une usine d'Opel. La chancelière allemande Angela Merkel visite une usine d'Opel.   © PC/Michael Probst

L'accord sur la vente par le constructeur américain General Motors de sa branche européenne Opel à l'équipementier Magna remportait les faveurs de l'Allemagne. La chancelière du pays, Angela Merkel, s'était réjouie de la décision de GM jeudi dernier. Elle fait face à des élections législatives la semaine prochaine.

« Nous voulons une décision rapide et nous avons une préférence claire, je l'ai toujours dit », déclarait-elle avant que les négociations soient bouclées. Et de préciser: « Je crois que le projet de Magna pour Opel est le plus intéressant et le plus prometteur », sans plus de détails.

Au fil des négociations, le président russe Dimitri Medvedev avait notamment intercédé en faveur du partenariat formé de Magna et de son partenaire, la banque russe Sberbank, auprès de Berlin.

Dans le cadre du rachat par Magna et son partenaire russe Sberbank, le gouvernement allemand a promis de débloquer un financement relais de 2,4 milliards de dollars canadiens pour maintenir Opel à flot. Berlin a aussi déposé une offre de crédit supplémentaire de 7,1 milliards de dollars canadiens pour finaliser le contrat.

Les autres pays européens grincent des dents

Avant même l'annonce des suppressions d'emploi à venir, cette vente avait fait grincer des dents en Europe. Ainsi, la Belgique a demandé à la Commission européenne d'enquêter sur les conditions de cette acquisition. Le gouvernement belge soupçonne l'Allemagne d'avoir protégé ses propres usines au détriment de celles des autres pays de l'UE dans le cadre de l'accord. Les autres usines européennes se trouvent en Belgique, en Grande-Bretagne, en Espagne et en Pologne.

Lundi, Londres lui a emboîté le pas.

Opel emploie plus de 49 000 personnes en Europe, dont environ 25 000 en Allemagne, où se trouvent son siège et quatre usines.

Déficitaire depuis des années

Magna a promis de ne fermer aucune des usines Opel basées en Allemagne, dans les villes d'Eisenach, de Bochum, de Ruesselsheim et de Kaiserslautern.

Magna et Sberbank ont prévu prendre le contrôle de 55 % du capital du constructeur allemand Opel, tandis que GM n'en conserverait que 35 % et les employés d'Opel en obtiendraient 10 %.

Opel perd de l'argent depuis des années. Au premier trimestre 2009, les activités du groupe Opel en Europe (Opel, Vauxhall et Saab) ont enregistré une perte d'exploitation d'environ 2 milliards de dollars, venant s'ajouter à un déficit de 3,7 milliards de dollars américains cumulés sur les exercices 2006-2008.

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