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Économie Vente d'Opel

Magna rassurante, l'Europe inquiète

Mise à jour le vendredi 11 septembre 2009 à 19 h 04

Les dirigeants de Magna: le fondateur, Frank Stronach, au premier plan et le PDG, Siegried Wolf, au second plan

Photo: AFP/AFP PHOTO DDP/STEFFI LOOS

Les dirigeants de Magna: le fondateur, Frank Stronach, au premier plan et le PDG, Siegried Wolf, au second plan

Au lendemain de la victoire de Magna dans la course pour acheter Opel, le fabricant ontarien tente de rassurer ses clients.

Magna, qui sera propriétaire d'Opel au cours des prochains mois, continuera aussi à être le fournisseur de pièces d'auto pour des rivaux d'Opel. Certains clients craignaient pour la sécurité de leurs informations ainsi que les risques de conflit d'intérêts.

Sur son site Internet, Magna International indique qu'il fournit de l'équipement à pratiquement tous les fabricants automobiles du monde.

Le président fondateur de Magna, Frank Stronach, a publié un communiqué dans lequel il affirme que son entreprise installera les pare-feux nécessaires pour garantir une séparation complète entre les activités de fournisseur de pièces d'auto et celles liées à ses actions dans Opel. Cette mesure vise à protéger et à garder confidentielles les informations sur ses clients.

L'Europe divisée

De l'autre côté de l'Atlantique, les pays de l'Union européenne (UE) se déchirent à propos du sévère plan de restructuration programmé chez le constructeur automobile Opel.

En termes de politique européenne coordonnée et de solidarité entre pays européens, j'ai déjà vu beaucoup mieux.

— La ministre belge de l'Emploi, Joëlle Milquet

« Il faut éviter que des mesures protectionnistes viennent sauvegarder l'activité dans un pays et la détruire dans l'autre », lui a fait écho son collègue responsable des Finances, Didier Reynders.

La chancelière allemande Angela Merkel visite une usine d'Opel.

Photo: La Presse Canadienne /Michael Probst

La chancelière allemande Angela Merkel visite une usine d'Opel.

La Belgique a des raisons d'être amère: elle risque d'être la principale victime de la cure d'amaigrissement prévue par le repreneur choisi jeudi pour Opel. En effet, l'équipementier canadien Magna semble vouloir supprimer 10 000 emplois en Europe.

L'Allemagne, qui pilotait les négociations sur la reprise d'Opel, est apparemment le seul pays à avoir obtenu la garantie que ses 4 usines Opel seraient conservées.

Les autres pays pourraient connaître un sort moins heureux:

  • L'usine d'Anvers, en Belgique, sera vraisemblablement fermée, ce qui suscite l'inquiétude des 2600 employés;
  • En Espagne, on parle de 1700 suppressions d'emplois sur 7000 dans l'usine de Figueruelas, près de Saragosse;
  • La Pologne, qui semble pour l'instant épargnée, reste méfiante: son ministère de l'Économie a dit espérer vendredi que les démarches ultérieures à l'égard des entreprises du groupe Opel en Europe reposeront sur des critères économiques », insistant sur la modernité de son usine de Gliwice.

Avertissement voilé de la Commission européenne

La Commission européenne, censée assurer la concurrence dans l'UE, s'est contentée d'un avertissement voilé envers l'Allemagne. « Toute aide financière potentielle des autorités publiques doit être totalement compatible avec les règles de l'UE », a déclaré vendredi son porte-parole Johannes Laitenberger.

Le porte-parole a reconnu que « des États membres ont exprimé des opinions et des inquiétudes », mais sans pour l'instant déposer de « plainte formelle ».

En attendant les détails lui permettant de vérifier si les règles européennes ont bien été respectées, la Commission a proposé de convoquer « dès que cela sera approprié » une nouvelle réunion ministérielle de concertation entre les pays concernés par le dossier Opel.

Elle risque toutefois de ne pas avoir plus de résultats concrets que lors de celles déjà organisées ces derniers mois, et auxquelles le ministre allemand de l'Économie n'avait même pas toujours assisté.

Vladimir Poutine se félicite de la transaction

De son côté, le premier ministre russe, Vladimir Poutine, a accueilli la discussion avec satisfaction.

Il a dit espérer que le partenariat entre Magna et la banque russe Sberbank dans le rachat d'Opel allait mener à une véritable intégration de la Russie à l'économie européenne.

Radio-Canada.ca avec Agence France Presse et Associated Press

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