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Économie Vente d'Opel

GM cède la majorité à Magna

Mise à jour le jeudi 10 septembre 2009 à 17 h 04

Usine d'Opel à Bochum, en Allemagne

Photo: AFP/DDP/Clemens Bilan

Usine d'Opel à Bochum, en Allemagne

Quatre mois après avoir été mise en vente, Opel, la filiale européenne de General Motors (GM), trouve preneur.

Le conseil d'administration du constructeur américain recommande la vente de 55 % d'Opel au duo formé par le fabricant canadien de pièces automobiles Magna et la banque russe Sberbank.

Selon cette proposition, les employés détiendront pour leur part 10 % de l'entreprise. GM veut toutefois obtenir l'accord écrit des syndicats quant à la restructuration de l'entreprise.

Quant à GM, il conserverait 35 % du constructeur européen.

Une recommandation sujette à caution

L'entente finale devrait être signée par les diverses parties au cours des prochaines semaines, pour être ensuite détaillée au cours des prochains mois, a indiqué GM.

La décision de choisir Magna n'a pas fait l'unanimité au sein de l'Opel Trust, un comité mis en place en mai pour protéger Opel de la faillite de sa maison mère. L'un des quatre membres a voté contre l'accord Magna/Opel, jugeant que tous les risques de cet accord incombaient au contribuable allemand.

Le trust, qui détient 65 % du constructeur allemand, est formé de deux représentants de GM, de deux représentants du gouvernement fédéral allemand et des Länder où Opel est implanté, ainsi que d'un président indépendant. Ce cinquième membre du trust ne dispose pas d'un droit de vote, mais il peut jouer un certain rôle dans l'atteinte d'un consensus.

De son côté, GM se soucie de préserver ses brevets et sa technologie automobile. Magna n'a pas caché qu'il voulait construire sur les sites d'Opel des véhicules sous d'autres marques. Il prévoit des taux de croissance importants, notamment en Russie. Les conditions entourant d'éventuels transferts de technologie restent à préciser, ce qui pourrait être fait après les élections législatives allemandes.

Aucune fermeture d'usine en Allemagne

L'équipementier automobile canadien et la banque russe ont proposé en mai dernier un financement-relais de 1,5 milliard d'euros pour préserver les activités d'Opel. Magna a promis de ne fermer aucune des usines Opel basées en Allemagne.

L'usine d'Anvers, en Belgique, pourrait toutefois connaître un sort moins heureux, GM ayant affirmé que Magna comptait la fermer.

Attente interminable

La chancelière allemande, Angela Merkel

Photo: AFP/Michael Gottschalk

La chancelière allemande, Angela Merkel

Les syndicats européens imploraient General Motors de rendre sa décision. Depuis le mois de mai, les employés d'Opel et de sa marque jumelle, l'anglaise Vauxhall, vivent dans l'incertitude au sujet du maintien de leurs emplois et de leurs salaires.

À 17 jours des législatives allemandes, il s'agit d'une bonne nouvelle pour le gouvernement d'Angela Merkel, Opel employant quelque 25 000 personnes dans le pays.

La chancelière allemande va entamer des discussions avec ses homologues en Belgique, en Pologne, au Portugal et en Grande-Bretagne, les quatre autres pays européens où Opel fabrique des voitures. Opel emploie plus de 49 000 personnes en Europe.

À Washington, un porte-parole du département du Trésor a rappelé que l'administration Obama était en contact régulier avec GM, dont l'État fédéral détient 60,8 % des parts depuis cet été. Mais « le gouvernement américain ne dictera pas la décision finale », a précisé le porte-parole.

Magna International en bref

Fondé en 1969 par Frank Stronach, l'équipementier automobile représente la huitième entreprise canadienne. L'entreprise se spécialise dans la fabrication de pièces d'automobiles et d'assemblage.

Magna International a enregistré une perte nette de 205 millions de dollars américains au deuxième trimestre 2009. La baisse de la production, tant en Amérique du Nord qu'en Europe, explique en grande partie ce recul.

General Motors représente 19 % du chiffre d'affaires de Magna International, selon Le Figaro.

M. Stronach, 76 ans, est né en Autriche, avant d'émigrer au Canada en 1954. Apprenti mécanicien de profession, il monte un atelier d'outillage à Toronto, avant de racheter Magna Electronics et de la rebaptiser.

Il s'est bâti un empire de 247 usines, et de 86 centres de développement et d'ingénierie dans le monde, qui comptent 71 000 employés. De ce nombre, 53 usines et 11 centres de développement sont installés au Canada.

En 2007, Frank Stronach a tenté d'acheter le constructeur Chrysler avec Onex; une tentative qui s'est soldée par un échec.

Il détient 5,1 %, du capital, mais 67 % des droits de vote.

Sa fille, Belinda, a occupé le poste de PDG de Magna International, avant de se lancer en politique, d'abord au sein du Parti conservateur, puis du Parti libéral. Elle a notamment occupé le poste de ministre des Ressources humaines entre 2005 et 2006, avant de retourner travailler au sein de Magna en 2007.

Présence mondiale de Magna International (en anglais)

Photo: Magna International

Présence mondiale de Magna International (en anglais)

Radio-Canada.ca avec Bloomberg et Reuters

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