Producteur de canneberges à Manseau, au Québec (archives)
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PC/Jacques Boissinot
Ce sont les terres de Canneberges Bécancour, situées à Saint-Louis-de-Blandford, qui ont été vendues en juin dernier à Hancock Agricultural Investment Group (HAIG).
Les 450 hectares de terres exploitées par le 5e producteur de canneberges en importance au Québec ont été achetés pour 20 M$ par la firme d'investissement américaine HAIG.
La filiale américaine de la Financière Manuvie avait déjà annoncé avoir acheté des terres agricoles totalisant 450 hectares dans la MRC d'Arthabaska, mais sans révéler le nom de son propriétaire ni le montant de la transaction.
La nouvelle a été confirmée par la directrice générale de l'Association des producteurs de canneberges du Québec, Monique Thomas. La transaction, dit-elle, est de l'ordre de 20 millions de dollars.
Canneberges Bécancour est le 5e producteur en importance au Québec. L'un de ses propriétaires, Luc Decubber, continuera à gérer les opérations au quotidien.
M. Decubber, qui est également président de l'Association des producteurs de canneberges, est l'un des fondateurs de l'entreprise.
Mme Thomas n'a pas voulu se prononcer sur le fait que la vente de terres québécoises constitue une bonne ou une mauvaise nouvelle du point de vue de l'association.
Elle s'est toutefois réjouie que Canneberges Bécancour puisse continuer d'investir dans son développement, et que la transaction permette de maintenir les 15 emplois réguliers de la cannebergière. L'entreprise embauche jusqu'à 25 personnes lors de la période des récoltes.
Selon l'Association des producteurs de canneberges du Québec, le Québec est le troisième producteur mondial de ce petit fruit. La majorité des producteurs québécois sont situés dans la région du Centre-du-Québec. Une grande partie de la production est exportée vers les États-Unis.
HAIG, au Canada pour y rester
Dans une entrevue accordée mercredi au Globe and Mail, le président de HAIG, Jeff Conrad, a affirmé que la filiale de Financière Manuvie est venue au Canada avec l'intention d'y rester et d'y prendre de l'expansion. Il s'est toutefois fait rassurant face à d'éventuelles craintes que d'importantes portions de terres arables canadiennes tombent entre les mains d'Américains.
« Beaucoup de gens sont mal à l'aise parce qu'ils ne savent pas comment nous procédons. Nous ne sommes pas là pour spéculer, faire de l'argent rapidement. Nos clients sont des firmes institutionnelles, comme des caisses de retraite, qui souhaitent investir à long terme et qui ont une place dans leur portefeuille pour des terres agricoles », affirme M. Conrad.
Selon un récent rapport effectué par la firme de consultants britannique Knight Frank LLP, les terres agricoles canadiennes sont parmi les moins chères dans les pays industrialisés. Un hectare de terre arable se vend ainsi en moyenne 1725 $US au Canada, un prix en baisse de 11 % par rapport à l'an dernier.
Cela se compare avantageusement au prix versé pour acheter un hectare en Irlande (58 500 $US), en Angleterre (17 100 $US), en France (12 500 $US), dans l'État américain de l'Ohio (11 000 $), en Nouvelle-Zélande (9643 $US) et en Australie (3450 $US), voire dans les anciens pays du bloc de l'Est, comme la Pologne (6660 $US), la Roumanie (4855 $US) et la Bulgarie (3120 $US).
Des terres arables peuvent être obtenues pour des sommes moindres dans des pays du Tiers-Monde, mais ces pays présentent d'autres difficultés pour des firmes comme HAIG. Au-delà des questions de sécurité, les infrastructures ne sont souvent pas d'un niveau satisfaisant pour les investisseurs américains.
HAIG n'est pas la seule entreprise à convoiter des terres canadiennes. Des firmes d'investissements canadiennes comme Agcapita Partners LP et Assiniboia Capital Corp. achètent notamment des terres dans les Prairies, terres qu'elles louent ensuite à des agriculteurs. Selon ces deux entreprises, les investissements dans les terres agricoles permettent d'obtenir un rendement qui dépasse l'inflation par deux points de pourcentage.