28 juillet
![]() Économie Earl Jones À la recherche de l'argentMise à jour le jeudi 30 juillet 2009 à 9 h 11
Le syndic responsable de la faillite de la Corporation Earl Jones a quelque peu levé le voile, mercredi, sur une question fondamentale: où est passé l'argent des investisseurs? Après les audiences en Cour supérieure qui ont entraîné la mise en faillite de l'entreprise du prétendu conseiller financier, Gilles Robillard, de la firme RSM Richter, a soutenu que les 150 clients de M. Jones n'ont « pratiquement aucune chance » de retrouver leurs fonds. Deux choses ont pu se passer. Soit l'argent a été volé et il se trouve quelque part, soit il a été dépensé. Il payait des rendements de 10 à 12 %. S'il n'investissait pas l'argent, il drainait le capital. — Gilles Robillard, syndic Billets d'avion, hôtels, repas
L'homme d'affaires menait un train de vie luxueux, soutient le syndic. L'entreprise de M. Jones versait mensuellement entre 50 000 $ et 70 000 $ à lui-même et à sa femme Maxine - « l'employée la mieux payée », selon le syndic. De quoi s'assurer un train de vie luxueux: billets d'avion, hôtels et repas au restaurant. L'argent provenait du même compte que celui utilisé pour payer ce que les clients de M. Jones pensaient être des intérêts sur leurs placements. L'enquête comptable préliminaire a permis de retracer 30 000 $ dans les 60 comptes que comptait M. Jones. Une chute anticipée Gilles Robillard ajoute que l'homme d'affaires semble avoir vu l'effondrement de son entreprise se profiler. En 2006, il avait pris une nouvelle hypothèque de 800 000 $ sur ses biens immobiliers déjà hypothéqués. En janvier 2009, il a liquidé ses actifs personnels. Depuis un an, il n'avait plus de nouveaux clients, ce qui a provoqué un manque de fonds. Aussi, il a vu venir le coup, parce qu'il a encaissé tous ses placements personnels et ses polices d'assurance en janvier dernier. — Gilles Robillard, syndic L'avocat des présumées victimes, Neil Stein, affirme qu'Earl Jones a aussi ouvert des comptes en Irlande et aux Bahamas. Des prêts frauduleux? Le syndic dispose dorénavant de pouvoirs d'investigation avancés. Son enquête pourrait durer plusieurs semaines, voire plusieurs mois. Gilles Robillard compte notamment faire la lumière sur des prêts qu'aurait contractés Earl Jones au nom de ses clients. « Certains renseignements suggèrent qu'il a obtenu sur des actifs de ses clients des dizaines de prêts dont ils ne savaient rien », a-t-il déclaré. Les avocats des investisseurs vont aussi demander aux tribunaux de déclarer la faillite personnelle de M. Jones, afin de tenter de saisir ses propres biens. Cette requête doit être entendue le 19 août. La Corporation Earl Jones mise en faillite Mercredi, la Cour supérieure du Québec a mis en faillite la Corporation Earl Jones, l'entreprise dirigée par l'homme d'affaires mercredi. Le tribunal a ainsi accédé ainsi à la requête des avocats des présumées victimes. Cette décision ouvre la porte à la saisie des actifs qui resteraient encore dans les comptes de l'entreprise, afin de les redistribuer aux investisseurs. Ces actifs, s'ils existent, doivent être évalués.
En marge de l'audience, des présumées victimes ont manifesté devant le palais de justice. Elles réclament des peines plus sévères pour les crimes financiers et exigent aussi que des règles plus strictes encadrent les conseillers financiers. Nombreux sont ceux qui ont perdu des dizaines, voire des centaines de milliers de dollars en faisant confiance à Earl Jones, qui n'était pourtant pas enregistré auprès de l'AMF. Earl Jones est soupçonné d'avoir orchestré une fraude pyramidale de plus de 30 millions de dollars. Il a été remis en liberté sous certaines conditions après avoir été accusé de quatre chefs de fraude et de quatre autres de vol. L'homme de 67 ans, qui n'a pas encore enregistré de plaidoyer, doit revenir devant le tribunal le 28 septembre. Des accusations supplémentaires pourraient s'ajouter d'ici là, puisque l'enquête policière suit son cours. M. Jones s'est rendu à la Sûreté du Québec (SQ) lundi, après trois semaines de cavale. Radio-Canada.ca avec La Presse, The Gazette et The Globe and Mail
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Les effets de l'affaire Earl Jones
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