Earl Jones (au centre) escorté par son avocat Jeffrey Boro et deux policiers
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PC/Graham Hughes
Le prétendu conseiller financier Earl Jones a été libéré, mardi, après avoir été formellement accusé de vol et de fraude, mais il est loin d'en avoir terminé avec la justice.
La Cour supérieure du Québec accède à la requête des avocats des présumées victimes de l'homme d'affaires Earl Jones, soupçonné d'avoir orchestré une fraude pyramidale de plus de 30 millions de dollars.
La Cour supérieure du Québec a mis en faillite la Corporation Earl Jones, l'entreprise dirigée par l'homme d'affaires mercredi. Le tribunal accède ainsi à la requête des avocats des présumées victimes.
Cette décision ouvre la porte à la saisie des actifs qui resteraient encore dans les comptes de l'entreprise, afin de les redistribuer aux investisseurs. Ces actifs, s'ils existent, doivent être évalués.
De plus, des recherches pourront ainsi être effectuées dans les livres comptables de la dernière année. Cela pourrait permettre de détecter d'éventuelles transactions frauduleuses et de les annuler.
Des investisseurs en colère
Des présumées victimes ont profité de l'occasion pour manifester devant le palais de justice. Elles réclament des peines plus sévères pour les crimes financiers et exigent aussi que des règles plus strictes encadrent les conseillers financiers.
Earl Jones est soupçonné d'avoir orchestré une fraude pyramidale de plus de 30 millions de dollars. Il a été remis en liberté sous certaines conditions après avoir été accusé de quatre chefs de fraude et de quatre autres de vol.
L'homme n'a pas enregistré de plaidoyer lors de sa comparution. À la sortie du tribunal, Me Boro a indiqué que son client n'avait pas encore décidé s'il plaiderait coupable ou non. Plus tôt dans la journée, l'avocat avait pourtant affirmé que M. Jones comptait plaider non coupable.
M. Jones doit maintenant respecter plusieurs conditions, notamment:
Me Boro a indiqué que son client était « heureux d'être relâché ». Et d'ajouter: « Sa vie va être un petit peu difficile. Il réalise qu'il ne peut plus mener la vie qu'il a menée auparavant. Il va avoir des ajustements à faire ». L'avocat dit ignorer comment le prétendu conseiller financier va dorénavant assurer sa subsistance.
Me Jeffrey Boro a également affirmé que Earl Jones était inquiet pour sa sécurité et qu'il a reçu des menaces de mort. C'est d'ailleurs pour cette raison que l'endroit où il habitera n'est connu que de son avocat et des policiers.
L'homme de 67 ans doit revenir devant le tribunal le 28 septembre. Des accusations supplémentaires pourraient s'ajouter d'ici là, puisque l'enquête policière suit son cours. Une requête pour la saisie de ses biens doit aussi être déposée dans un mois.
M. Jones s'est rendu à la Sûreté du Québec (SQ), lundi dernier, après trois semaines de cavale.
30 à 50 millions de dollars disparus
Earl Jones s'est rendu à la police lundi. Il était accompagné de son avocat Jeffrey Boro (à gauche)
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Après avoir reçu des plaintes d'investisseurs, le 8 juillet, l'Autorité des marchés financiers (AMF) a découvert qu'entre 30 et 50 millions de dollars avaient disparu des comptes de M. Jones.
Il semble que M. Jones proposait ses services de gestion à des personnes qui venaient de toucher un héritage. Il les aurait bernés en utilisant la pyramide de Ponzi, un système par lequel l'argent des derniers déposants est versé à leurs prédécesseurs, qui reçoivent ainsi un « rendement ».
Nombreux sont ceux qui ont perdu des dizaines, voire des centaines de milliers de dollars en faisant confiance à Earl Jones, qui n'était pourtant pas enregistré auprès de l'AMF.
Certains se retrouvent avec d'importants arriérés d'impôts sur le revenu, puisqu'ils lui avaient confié la responsabilité de leurs relations avec le fisc.