Les effets de l'affaire Earl Jones

AMF

L'affaire Earl Jones semble avoir éveillé les soupçons d'autres investisseurs.

Depuis le 10 juillet, l'AMF a intenté quatre poursuites dans la seule région de Québec. Dans un des cas, les investisseurs ont perdu toute trace de leur argent et des présumés fraudeurs.

Ainsi, dans la seule région de Québec, l'Autorité des marchés financiers (AMF) a intenté quatre poursuites contre des présumés fraudeurs depuis le 10 juillet.

Les enquêteurs de l'AMF tentent ainsi de retrouver un certain Simon St-Hilaire. L'individu se faisait passer pour un courtier, mais il n'est pas inscrit à l'AMF.

Son adresse se retrouve dans le registre québécois des entreprises, mais ses voisins disent ne pas le connaître. « Je n'ai jamais entendu parler de ce nom-là », dit Réjean Turcotte, qui vit dans l'immeuble en question depuis 15 ans.

L'AMF recherche aussi le dirigeant des deux sociétés dans lesquelles M. St-Hilaire aurait fait ces placements illégaux.

La première société est une compagnie à numéro, inscrite aussi sous le nom de Portes Fenêtres Beauport. « Ils ont travaillé pendant au moins une année ou deux et ensuite ils ont disparu de la carte », se souvient Martin Duchesne, un homme d'affaires dont l'entreprise est située tout près de la société en question.

La deuxième entreprise est SPM Canada Inc, aussi enregistrée au registre québécois des entreprises. Les locaux qu'elle aurait dû occuper sont vides.

Les investisseurs devaient débourser 1000 $. Simon St-Hilaire leur promettait que cette somme allait jusqu'à doubler deux semaines plus tard. Quatre investisseurs ont été floués. Ils ont perdu en tout 7200 $. L'un d'entre eux a alerté l'AMF.

Les présumés fraudeurs s'exposent à des amendes d'au moins 72 000 $.

« C'est une situation assez exceptionnelle, de ne pas réussir à retrouver des personnes visées dans des poursuites », dit Nathalie Drouin, directrice générale des affaires juridiques de l'AMF.

Selon Yves Michaud, fondateur du Mouvement d'éducation et de défense des actionnaires, pour toutes les poursuites contre des représentants illégaux qui ne sont pas inscrits à l'AMF, nombreux sont les cas qui ne feront jamais l'objet d'enquêtes.

« C'est la petite pointe de l'immense banquise. Je dirais des milliers et des milliers de cas », dit-il.

Depuis que l'affaire Earl Jones a été dévoilée, l'AMF dit recevoir beaucoup plus d'appels d'investisseurs qui veulent savoir à qui ils ont confié leur argent.