![]() Économie Multimédia Un exode de l'industrie appréhendéMise à jour le vendredi 10 juillet 2009 à 8 h 15
Le gouvernement du Québec affirme qu'il suit avec attention une nouvelle initiative fiscale du gouvernement de l'Ontario, qui inquiète beaucoup l'industrie du multimédia québécois. L'Ontario vient en effet d'augmenter les avantages accordés à sa propre industrie, ce qui lui a permis d'attirer, il y a quelques jours, la multinationale française Ubisoft à Toronto. Le numéro un français du jeu vidéo va ouvrir un studio à Toronto au prix de 800 millions de dollars. Le gouvernement ontarien a dû mettre le paquet pour l'attirer. En effet, au moment où, dans toutes les autres provinces, les subventions publiques sont déduites des crédits d'impôt, le gouvernement McGuinty, lui, décide que les 263 millions dollars octroyés à Ubisoft ne seront pas soustraits des crédits d'impôt de l'entreprise. Marc Beaudet, président du Regroupement des producteurs multimédia du Québec, craint un exode de son industrie. « Là, dans le moment, ça commence à se produire, fait que je peux dire peut-être qu'on a perdu un million de dollars de contrats dans le dernier mois. Mais peut-être que ça pourrait s'en aller en s'accélérant », dit-il. L'industrie du multimédia a contacté la ministre de la Culture du Québec, Christine St-Pierre, pour réclamer un régime de subventions semblable à celui de l'Ontario. Ubisoft a promis de ne pas diminuer ses effectifs au Québec, où elle compte 2100 salariés. Dans ce secteur, les fonds publics sont souvent aussi importants que les investissements privés, mais Marc Beaudet estime que Québec doit en faire davantage. « N'oubliez pas qu'on a attiré Ubisoft ici par des mesures fiscales dans les années 90. La Cité du Multimédia, en fait, est née de ça, de l'arrivée d'Ubisoft, puis de la communauté qui s'est mobilisée pour convaincre le gouvernement qu'il fallait que ça soit équitable pour tout le monde », souligne M. Beaudet. Au bureau du ministre des Finances, Raymond Bachand, on soutient que le gouvernement du Québec suit la situation de près, mais qu'il est trop tôt pour décider s'il y a lieu de modifier le régime fiscal de l'industrie du multimédia.D'après un reportage de Daniel Raunet Chiffre du jourLes propriétaires de cinémas du pays ont vu leurs revenus augmenter légèrement à 1,6 milliard de dollars en 2010. Dossiers en profondeur
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