![]() Économie Gestion des FIER Le PQ et l'ADQ répliquent à Louis RoquetMise à jour le jeudi 2 juillet 2009 à 17 h 38
Le Parti québécois et l'Action démocratique du Québec dénoncent les propos du président du comité d'experts mandaté par le gouvernement libéral de Jean Charest pour revoir les règles de gouvernance des Fonds d'intervention économique régionale (FIER), Louis Roquet. En entrevue à la Presse canadienne, l'ancien président et chef de la direction de Desjardins Capital de risque a laissé entendre que Québec pourrait tolérer l'apparence de conflits d'intérêts dans la gestion des FIER. Ainsi, Louis Roquet n'a pas exclu que les gestionnaires de ces fonds puissent continuer d'injecter de l'argent dans les entreprises dont ils sont actionnaires. Il estime qu'il pourrait s'agir d'un bon compromis pour trouver des entrepreneurs voulant investir dans les régions du Québec, ce qui peut parfois être difficile, selon M. Roquet.
Ces déclarations ont fait bondir les porte-parole péquiste et adéquiste. Le leader parlementaire de l'opposition officielle, Stéphane Bédard, a estimé que M. Roquet avait été méprisant en suggérant que les régions n'avaient pas les ressources nécessaires pour gérer des FIER. Il a ajouté que le Parti québécois ne tolérerait pas le fait que le gouvernement permette aux « petits amis du parti » de se servir des fonds publics pour leur propre bénéfice et celui de leurs amis. Dès qu'il y a de l'argent public, il n'y a pas de compromis possible en matière de conflit d'intérêts. — Stéphane Bédard, porte-parole du Parti québécois
Le porte-parole de l'ADQ en matière de développement économique et de finances publiques, François Bonnardel, a abondé dans le même sens. Il a affirmé qu'il était « assez gênant de dire aux Québécois qu'on n'a pas le choix de tolérer les apparences de conflit d'intérêts, sans quoi il n'y aura pas d'investisseurs ». Je trouve aberrant que M. Roquet pense qu'il n'y a pas d'administrateurs compétents en région. — François Bonnardel, porte-parole de l'Action démocratique du Québec Controverse et enquête À la fin d'avril, l'ex-député péquiste François Legault avait accusé Valier Boivin et Pietro Perrino, deux proches du Parti libéral, d'être en conflit d'intérêts. Les FIER Ville-Marie et Boréal, qu'ils administrent, avaient investi dans quatre entreprises dont ils sont actionnaires. En plus des questions de conflit d'intérêts, le Parti québécois avait mis en lumière que plus de 5 des 6 millions de dollars qui devaient être investis dans des projets autorisés par le FIER-Boréal au Saguenay-Lac-Saint-Jean avaient plutôt été partagés entre des entrepreneurs montréalais, enfreignant les règles en vigueur. Les règles des FIERSelon les règles actuelles d'Investissement Québec, les administrateurs des FIER peuvent investir jusqu'à 30 % de l'argent du fonds dans leurs propres entreprises. Les investissements peuvent se faire à l'extérieur de la région concernée, à condition qu'au final, 50 % de l'argent soit investi dans les régions d'où proviennent les fonds.
L'ex-ministre du Développement économique, Raymond Bachand, avait été malmené par les partis d'opposition durant deux semaines. Il avait finalement demandé au vérificateur général du Québec de scruter tous les projets appuyés par les FIER. Il avait aussi mandaté un comité d'experts, présidé par Louis Roquet, pour revoir les règles de gouvernance des fonds. M. Bachand, auquel a succédé depuis le nouveau député de Marguerite-Bourgeoys, Clément Gignac, avait demandé de recevoir leurs recommandations dès le mois de juin. Cette échéance a toutefois été reportée. Le comité présidé par M. Roquet attendra plutôt que le vérificateur dépose son rapport en octobre, avant de soumettre le sien.
Radio-Canada.ca avec Presse canadienne
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