Le président-directeur général de Nortel, Mike Zafirovski, a comparu jeudi devant le comité des finances de la Chambre des communes. Il a défendu sa décision de verser des primes de 45 millions de dollars à différents cadres de la compagnie, tout en refusant de verser des indemnités de départ à des centaines d'employés mis à pied et en diminuant les pensions versées aux retraités.
Devant un comité des Communes, Mike Zafirovski soutient que la protection des tribunaux dont bénéficie l'entreprise l'a contraint à ne pas verser des indemnités de départ aux employés mis à pied. Ceux-ci veulent devenir des créanciers privilégiés.
Le PDG de Nortel, Mike Zafirovski
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PC/Sean Kilpatrick
« Nous sommes absolument convaincus que les paiements prévus au programme d'incitation au rendement et au programme de maintien en poste sont essentiels pour préserver la valeur de Nortel », a fait valoir M. Zafirovski, dont la compagnie est sous la protection des tribunaux depuis la mi-janvier.
Devant un auditoire composé en bonne partie d'employés ou de retraités de Nortel, M. Zafirovski a fait valoir que c'est précisément ce recours aux tribunaux qui a contraint Nortel à suspendre les indemnités de départ aux employés licenciés et à diminuer les pensions des retraités de la compagnie. La loi, a-t-il dit en somme, l'a obligé à agir de la sorte.
Le point de vue des employés
En commission, une analyste ayant étudié le dossier de Nortel a accusé la direction de l'entreprise de s'être placée sous la protection de la loi sur les faillites justement pour éviter d'avoir à verser des indemnités de départ. Pourtant, a-t-elle souligné, Nortel disposait de liquidités de 2,5 milliards de dollars.
Le Comité de sauvegarde des retraités et des anciens employés de Nortel réclame un changement à la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies, pour faire des retraités des créanciers privilégiés.
Un représentant de ce groupe de 11 000 retraités canadiens, Ken Lyons, a admis que cette demande susciterait de l'opposition des autres créanciers. « Mais nous, quand même, le point qu'on fait, c'est une question d'équité », a déclaré M. Lyons à la radio de Radio-Canada.
Une comparution qui fait réagir
Mike Zafirovski a initialement refusé de témoigner devant le comité des finances des Communes, avant de changer d'avis cette semaine. On ne sait toutefois pas avec certitude ce que le comité peut faire pour modifier la situation actuelle, qui soulève la colère des employés et retraités de Nortel.
Selon le Globe and Mail, les retraités ont bruyamment réagi lorsque le député néo-démocrate Thomas Mulcair a défendu leur cause et a pressé M. Zafirovski d'assister au témoignage des anciens employés de Nortel. Ce dernier s'est finalement rendu à cette demande, qu'ont appuyée les libéraux, indique le site Internet du quotidien.
Les témoignages sont entendus dans le cadre d'une étude sur les mesures à prendre pour améliorer l'accès au crédit et la stabilité du système financier canadien.