![]() Économie Papiers commerciaux Un important courrielMise à jour le mardi 19 mai 2009 à 9 h 28 Exclusif
La semaine dernière, lors d'une commission parlementaire spéciale à Québec, le député péquiste François Legault a questionné les dirigeants de la Caisse de dépôt et placement du Québec au sujet d'un courriel daté du 24 juillet 2007 qui aurait dû alerter l'organisme sur les risques des papiers commerciaux. Or, Radio-Canada a obtenu copie de ce document. Celui-ci fournit des informations étonnantes sur le niveau élevé de risque que comportaient certains titres de PCAA achetés par la Caisse de dépôt. Plus précisément, il indique que le PCAA émis par la firme Coventree était exposé à des créances hypothécaires américaines à haut risque. Un membre de la direction de Coventree a envoyé une note à toutes les banques pour dire que le papier commercial qui était vendu par Coventree avait 4 % de subprime. — François Legault La note de Coventree révèle que ce chiffre de 4 % était, en fait, une moyenne pour tous les produits de Coventree. Il faut savoir que trois des titres de Coventree (Comet Trust, Planet Trust et Slate Trust) affichaient des taux d'au moins 13 % d'exposition aux créances hypothécaires à haut risque. Dans un cas, le taux d'exposition au risque atteignait 42 %. La Caisse de dépôt détenait à l'époque pour plus de 1,3 milliard de dollars dans ces trois produits de Coventree, soit 11 % de l'ensemble de ses placements en papier commercial non bancaire. La Caisse a confirmé à Radio-Canada avoir été mise au courant de la note de Coventree. Voici sa réponse: Un gestionnaire a reçu un courriel à ce sujet le 24 juillet 2007. Malheureusement, nous ne sommes pas en mesure de préciser si ce courriel a été lu et, si oui, de quelle façon il a été utilisé ou interprété par les gestionnaires du portefeuille. — Chose certaine, ce courriel n'a pas freiné la Caisse dans ses achats de papier commercial. Elle en a ajouté pour près de 1 milliard de dollars dans son portefeuille dans les semaines suivantes, jusqu'au gel du marché, à la mi-août. Ce qui amena une autre question de François Legault en commission parlementaire. « Comment explique-t-on que la Caisse de dépôt a continué à acheter du papier commercial non bancaire jusqu'au 10 août 2007 »? Le vice-président aux Affaires juridiques de la Caisse, Claude Bergeron, répond ainsi: Il faut bien comprendre que c'est graduellement que les marchés financiers sont devenus totalement dysfonctionnels. — Claude Bergeron M. Bergeron a ajouté que les joueurs du marché gardaient confiance dans les informations fournies par l'agence de notation DBRS et les promoteurs de PCAA eux-mêmes. Bref, il y aura bien des sujets à éclaircir à la commission parlementaire, qui se poursuivra mardi avec le témoignage de l'ancien président de la Caisse, Henri-Paul Rousseau. Le point de vue des retraités Cette commission est chargée de faire la lumière sur les déboires financiers à la Caisse. Toutefois, l'exercice ne sera guère concluant, s'il n'en tient qu'à l'Association québécoise des retraités des secteurs publics et parapublics. En entrevue au Réseau de l'information, lundi, son porte-parole, Luc Vallerand, est même allé jusqu'à affirmer que M. Rousseau savait ce qui se passait et aurait même « anticipé la tempête qui s'en venait dans les marchés financiers ». Plusieurs semaines avant son départ, je dirais même plusieurs mois avant la crise en tant que telle, M. Rousseau semblait connaître déjà les indices annonciateurs d'une crise financière mondiale. — Luc Vallerand
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