Des témoignages attendus

Caisse de dépôt et placement du Québec Caisse de dépôt et placement du Québec   © PC/Ryan Remiorz

La commission parlementaire spéciale sur les pertes historiques de la Caisse reprendra mardi ses auditions sur fond de tensions. Elle entendra de nombreux témoignages, dont ceux de l'ex-PDG Richard Guay et de son prédécesseur Henri-Paul Rousseau.

La commission parlementaire spéciale sur les pertes historiques de près de 40 milliards de dollars de la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) reprendra ses travaux mardi. D'anciens et d'actuels dirigeants, de même que des partenaires de la Caisse, comparaîtront à cette occasion.

À la veille de la reprise des travaux de cette commission, la tension est montée d'un cran à Montréal, où des manifestants se sont rassemblés devant le siège social de la Caisse de dépôt.

« À long terme, ce qu'on veut, c'est la tête de M. Sabia [PDG de la CDPQ]. C'est fini les acteurs du Canada [...] », a lancé Patrick Bourgeois, éditeur du journal Le Québécois, qui était présent à la manifestation.

L'écrivain et cinéaste Pierre Falardeau n'a pas épargné les dirigeants de la CDPQ. « Que ces gens-là investissent en bas de 10 % chez nous, ça n'a pas de bon sens. Tu sais, investir dans des aéroports de Londres, ça ne prend pas des têtes à Papineau! Tu sais, c'est des épais, sérieux [...] », a-t-il déclaré.

Les retraités de l'État s'inquiètent aussi de l'avenir de leurs avoirs. « Il n'y avait jamais de prime pour nous, quand on travaillait à la fonction publique. Et on faisait correctement ce qu'on avait à faire », a indiqué Madeleine Michaud, présidente de l'Association québécoise des retraités.

La commission spéciale tentera de comprendre comment la Caisse a pu perdre près de 40 milliards de dollars et évaluera si trop de risques ont été pris en raison de primes de rendement alléchantes promises aux gestionnaires.

L'opposition exigera, entre autres, une explication sur le fait que le rapport de PriceWaterhouse sur la gestion du risque à la Caisse demeure encore secret. Elle devrait aussi demander à nouveau la présence du sous-ministre des Finances au conseil de la Caisse pour éviter des dérapages.

Richard Guay et les autres

L'ex-PDG de la CDPQ Richard Guay donnera sa version sur les pertes de la Caisse, mardi.

M. Guay a succédé à Henri-Paul Rousseau le 30 mai 2008, à titre intérimaire, avant d'être confirmé à la tête de l'institution le 5 septembre de la même année. Mis au repos par son médecin le 12 novembre, il a finalement quitté son poste au début du mois de janvier 2009, invoquant des raisons personnelles.

Le témoignage de M. Guay sera précédé, en ouverture, par celui de l'ancien président par intérim de la Caisse, Fernand Perreault. En février dernier, M. Perreault a admis que l'institution avait commis une erreur en accumulant autant de papier commercial adossé à des actifs (PCAA). Les mauvais résultats de la Caisse sont attribués en bonne partie à ces titres.

Durant la journée de mardi, les parlementaires entendront aussi le témoignage du vice-président des affaires juridiques de la Caisse, Claude Bergeron.

Les travaux de la commission reprendront jeudi, avec le témoignage d'Alban D'Amours, ex-président du comité de gestion des risques au conseil d'administration de la CDPQ.

Le PDG de la Régie des rentes du Québec (RRQ), André Trudeau, prendra la parole le même jour.

En attendant Rousseau

Pour sa part, l'ancien numéro un de la Caisse, Henri-Paul Rousseau, sera entendu le 19 mai. Après avoir donné sa version des faits et défendu sa gestion de la Caisse, son témoignage est très attendu depuis les révélations de Radio-Canada sur les PCAA risqués dans lesquels la Caisse a investi 6 milliards de dollars.

Le 20 mai, ce sera au tour de John Harbour, PDG de la Société de l'assurance automobile du Québec (SAAQ), de témoigner. La RRQ et la SAAQ sont parmi les principaux déposants de la CDPQ.

Par ailleurs, l'ancienne ministre des Finances Monique Jérôme-Forget ne sera pas de retour devant les membres de la commission. Elle a déjà refusé de prendre le blâme des pertes de la Caisse. Son successeur, Raymond Bachand, fera face aux questions des parlementaires, le 26 mai.