![]() Économie Industrie automobile Chrysler sous la protection des tribunauxMise à jour le jeudi 30 avril 2009 à 17 h 34 Le constructeur automobile Chrysler s'est placé jeudi sous la protection de la loi américaine sur les faillites pour restructurer son importante dette. Chrysler suspendra aussi temporairement sa production, à partir de lundi prochain. Le constructeur ne sera sous la protection de la loi sur les faillites que 60 jours, au terme desquels le chef de la direction, Robert Nardelli, a d'ores et déjà annoncé qu'il démissionnera.
Les États-Unis fourniront jusqu'à 8 milliards de dollars d'aide financière pour aider Chrysler à se restructurer. Washington prête 3,3 milliards en fonds de roulement, pour la durée de la période de restructuration, puis 4,7 milliards à la nouvelle entité qui sera ainsi créée. De cette somme, 2 milliards seraient remboursables après 30 mois, 3 milliards après 7 ans, et 3 autres milliards après 8 ans. Au Canada, les gouvernements fédéral et de l'Ontario ont annoncé qu'ils auront une participation de 2 % dans l'entreprise restructurée. Ils lui fourniront un financement conjoint supplémentaire de 2,4 milliards de dollars américains, sous forme de prêts et d'actions, ce qui porte la contribution totale du gouvernement canadien à 3,8 milliards de dollars canadiens. Les gouvernements des États-Unis et du Canada siégeront au conseil d'administration de Chrysler. Washington aura quatre sièges sur neuf, tandis qu'Ottawa en détiendra un. Le Canada a toutefois obtenu une garantie qu'un cinquième des investissements de Chrysler en Amérique du Nord ira en Ontario.
« Il y a des détails dans l'entente qui protègent 20 % de la production nord-américaine au Canada. Ça sera une compagnie, une industrie plus petite que maintenant, mais on a protégé notre partie de cette industrie, c'est évident », a déclaré le premier ministre du Canada, Stephen Harper. Le département américain du Trésor, qui négociait au nom de Chrysler, n'a pas réussi à convaincre les 46 créanciers qui détiennent la dette sécurisée de Chrysler du bien-fondé de son plan. Le Trésor proposait une offre en vertu de laquelle ils effaceraient la dette de 6,9 milliards de dollars en échange d'une offre en argent comptant de 2,25 milliards de dollars. Dans un effort de dernière minute, le Trésor avait bonifié cette offre, qui était initialement de 2 milliards de dollars. La proposition avait reçu le feu vert des quatre banques qui détiennent à elles seules 70 % de la dette de la compagnie - JP Morgan Chase, Citigroup, Morgan Stanley, Goldman Sachs - mais pas celle de certains fonds d'investissement. Ceux-ci ont finalement refusé de faire des compromis sur la réduction de la dette, estimant qu'ils récolteraient plus d'argent en cas de faillite. Le président américain Barack Obama a critiqué l'attitude de ces fonds spéculatifs, lors de sa conférence de presse de jeudi. « Je ne suis pas à leurs côtés, mais aux côtés des salariés de Chrysler, de leurs familles et de leurs proches, a-t-il dit. Je ne suis pas avec ceux qui ne veulent rien céder, alors que tout le monde autour fait des sacrifices. C'est pourquoi j'appuie la démarche de Chrysler qui est d'invoquer notre droit des faillites pour en finir avec ce qui lui reste d'obligations. » Un partenariat singulier Chrysler et le constructeur italien Fiat vont également de l'avant avec leur entente, qui prévoit que Fiat détiendra 20 % du constructeur américain. Ce partenariat ne prendra toutefois véritablement forme qu'à l'issue de la période de restructuration. La participation de Fiat passerait graduellement à 35 %, tandis que le gouvernement américain garderait l'essentiel du reste des actions en attendant de les revendre ultérieurement. En vertu de l'alliance entre Chrysler et Fiat, qui reste à être ratifiée, le syndicat des travailleurs américains de l'automobile, United Auto Workers, prendrait une participation de 55 % dans Chrysler. Les syndiqués américains et canadiens ont aussi approuvé des réductions de leurs conditions de travail afin de réduire les coûts de main-d'oeuvre. Au cours des derniers mois, Chrysler a reçu 4 milliards de dollars du gouvernement américain pour poursuivre ses opérations. Le président Barack Obama a toutefois refusé d'approuver un premier plan de restructuration de l'entreprise, qu'il avait jugé non viable. Le versement d'une aide supplémentaire de 7 milliards de dollars requise par Chrysler est alors devenu conditionnel à une entente avec Fiat. Radio-Canada.ca avec Agence France Presse, Associated Press, New York Times, Reuters et Bloomberg
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