Le ministre des Finances du Québec dépose le rapport annuel 2008 de la Caisse de dépôt et placement du Québec
Le dépôt, mardi après-midi, du rapport annuel de la Caisse de dépôt et placement du Québec au Parlement aura de nouveau souligné l'année difficile qu'a vécue la Caisse en 2008. L'institution a subi des pertes sans précédent de près de 40 milliards de dollars.
Commentant le rapport annuel de la Caisse de dépôt et placement déposé à l'Assemblée nationale, le Parti québécois accuse le gouvernement Charest d'être irresponsable en ne soutenant pas l'économie québécoise en période de crise économique.
On apprend dans le rapport annuel que les investissements au Québec ont diminué. Ils sont passés de 39 milliards de dollars en 2007 à 33,4 milliards en 2008, une diminution de plus de 5 milliards.
La proportion des investissements de la Caisse au Québec par rapport à ses investissements totaux ont bien augmenté un peu, passant de 17,5 % à 18,3 %. Mais la Caisse investit moins qu'avant dans les entreprises privées québécoises. Il y a eu transfert des investissements des entreprises privées vers le public, avec l'achat d'obligations.
Pour le porte-parole du Parti québécois en matière de finances, François Legault, c'est une erreur. « La Caisse de dépôt ne détient aucune action de la Banque Nationale, et on pourrait choisir les autres fleurons québécois. De façon générale, la Caisse a fait le choix de ne pas investir dans nos entreprises québécoises, et je pense que le gouvernement Charest doit reconnaître aujourd'hui qu'il a fait une erreur, il y a cinq ans, en modifiant le mandat de la Caisse de dépôt pour mettre de côté le développement économique du Québec », a-t-il déclaré.
Le Parti québécois estime aussi que la gestion du risque a connu des ratés à la Caisse, que les gestionnaires ont pris trop de risques. M. Legault en impute la responsabilité à Henri-Paul Rousseau, l'ancien chef de direction de la Caisse.
François Legault
« Je ne pense pas qu'Henri-Paul Rousseau ait fait cela pour améliorer ses bonis même si ça a été le cas dans les premières années, dit-il. Je pense que M. Rousseau souhaitait avoir un rendement supérieur à ses compétiteurs. Ça a été bon dans les bonnes années, mais on a oublié, quand il y a de mauvaises années, que si on prend trop de risques, là on perd tout ce qu'on a gagné et plus. C'est ce qui arrive. »
Avec le dépôt du rapport annuel, la Commission parlementaire spéciale peut maintenant reprendre ses travaux, ce qui devrait se faire le 7 mai prochain. Les anciens dirigeants de la Caisse, présents en 2008, Henri-Paul Rousseau et Richard Guay, seront entendus.
Les déposants viendront aussi témoigner, et on s'attend à ce que le ministre des Finances se présente. On ne sait pas toutefois si ce sera l'ancienne ministre des Finances, Monique Jérôme-Forget, ou l'actuel ministre, Raymond Bachand.