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AFP/Spencer Platt
Les plans de restructuration mis de l'avant par les constructeurs automobiles américains General Motors et Chrysler ont été rejetés par la Maison-Blanche qui impute leur déconfiture à des années de leadership déficient.
Washington rejette officiellement les plans de refonte de GM et Chrysler. General Motors a désormais 60 jours pour proposer un plan viable tandis que Chrysler doit s'allier avec l'italien Fiat d'ici 30 jours.
Le président américain Barack Obama a en effet confirmé, lundi, que les plans de restructuration qui lui ont été présentés par GM et Chrysler ne vont pas assez loin et ne garantissent pas la survie à terme des deux entreprises.
Ainsi, les deux constructeurs en déroute devront refaire leur classe et présenter de nouveaux plans d'ici peu avant de recevoir les milliards de dollars de fonds publics qu'ils demandent au gouvernement américain.
Chrysler se voit donc sommé par Washington de conclure d'ici 30 jours une entente avec le groupe italien Fiat, une entente au terme de laquelle Fiat prendrait 35 % de Chrysler.
Les experts du gouvernement américain, qui ont qualifié le plan de refonte de Chrysler d'irréaliste et de beaucoup trop optimiste, estiment que l'entreprise ne peut désormais plus survivre seule et qu'il lui faut absolument s'appuyer sur un autre groupe pour éviter la faillite et le démantèlement.
General Motors, pour sa part, n'a désormais plus que 60 jours pour retourner à la table à dessin et rédiger un plan de restructuration plus réaliste.
Le président Obama estime que GM peut être rentable et viable, mais pour ce faire, il faudra que l'entreprise adopte une attitude nettement plus agressive dans son prochain plan de restructuration.
Dimanche, le PDG de GM, Rick Wagoner, s'est vu forcer de démissionner sous l'insistance de l'administration Obama. Un autre haut dirigeant de l'entreprise, Fritz Henderson, le remplacera à la tête de la multinationale.
Sous la direction de M. Wagoner, GM s'est coupé de la réalité de l'époque en refusant de produire des automobiles plus petites et moins gourmandes en carburant. Depuis 2004, GM a perdu quelque 82 milliards de dollars et a cédé sa place de premier constructeur mondial au géant japonais Toyota.
D'ici là, la Maison-Blanche va s'assurer que les deux entreprises ne manquent pas de liquidités pour survivre, mais si, au terme de leurs ultimatums respectifs, les constructeurs ne parviennent pas à convaincre l'administration Obama de leur viabilité, Washington ne leur verserait plus un sou.
Depuis décembre, GM a reçu du Trésor public américain 13,4 milliards de dollars et souhaite en obtenir 16,6 milliards de plus. Chrysler, lui, a obtenu 4 milliards de Washington depuis les Fêtes et demande 5 milliards supplémentaires.
Une faillite?
Pour la Maison-Blanche, les deux constructeurs auraient tout à gagner à se placer sous la protection de la loi sur les faillites et de s'en servir comme outil de restructuration.
Si ce scénario est dénoncé avec vigueur par la direction des deux entreprises qui craint que la mise en faillite technique de leur entreprise fasse fuir les clients potentiels, pour Washington, il s'agit aussi d'une méthode très efficace pour éviter de perdre sa mise.
En effet, en forçant GM et Chrysler à se placer sous la protection de la Loi sur les faillites, le gouvernement américain pourrait alors, tout à fait légalement, financer la faillite et passer devant tous les autres créanciers, devenant bon premier en ligne pour le remboursement en cas de liquidation pure et simple des entreprises.
Actuellement, le Trésor américain vient derrière les créanciers de premier rang que sont les banques d'affaires Citigroup, JP Morgan Chase et Goldman Sachs.
Le président Obama a indiqué que Washington allait, à compter d'aujourd'hui, protéger légalement les garanties offertes par les deux constructeurs, une décision destinée à rassurer les acheteurs potentiels.
Le ministre de l'Industrie du Canada Tony Clement, le ministre fédéral des Finances Jim Flaherty et le ministre du Développement économique de l'Ontario Michael Bryant ont tenu une conférence de presse en réaction à l'annonce du président américain.