![]() Économie États-Unis Des primes converties en taxesMise à jour le vendredi 20 mars 2009 à 5 h 44
Aux États-Unis, la Chambre des représentants a adopté, jeudi, un projet de loi qui impose à 90 % les primes aux dirigeants d'entreprises, comme celles accordées aux cadres de l'assureur AIG que l'État vient de renflouer de plusieurs milliards de dollars. Le projet de loi a été adopté par 328 voix contre 93. Plus précisément, le projet crée un impôt qui s'appliquera aux cadres dont le salaire annuel dépasse 250 000 $ et qui travaillent dans des entreprises qui ont reçu plus de 5 milliards de dollars d'aide de l'État. Vivement questionné par les parlementaires, mercredi, le PDG d'AIG, Edward Liddy, avait demandé aux employés qui ont reçu des primes de rendre volontairement au moins la moitié du montant. En tout, 165 millions de dollars ont été versés en primes aux employés d'AIG. Mais excédés, les parlementaires démocrates ont annoncé le vote dès jeudi d'un texte de loi permettant le retour de 90 % des sommes sous forme d'impôts, pour AIG et les autres sociétés dans une situation semblable. « Nous voulons récupérer notre argent et nous voulons le récupérer maintenant pour les contribuables », a déclaré la présidente démocrate de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi. Le Sénat doit, à son tour, se pencher sur un projet de loi de taxation des entreprises et de leurs dirigeants. AIG fera l'objet d'une enquête
Mais ce n'est pas tout. Le gouvernement américain a annoncé l'ouverture d'une enquête sur les primes versées aux cadres d'AIG ainsi que le rôle qu'a joué le Trésor américain dans cette affaire. C'est le responsable du contrôle de l'utilisation des fonds publics accordés aux banques américaines, Neil Barofsky, qui mènera cette enquête. Neil Barofsky, inspecteur général du plan de sauvetage du secteur financier américain, a déclaré jeudi aux membres du Congrès américain que: Selon les informations préliminaires dont nous disposons, le contrat lié au plan de sauvetage entre AIG et le Trésor, qui remonte à novembre dernier, envisageait le paiement de primes et de rémunérations pour encourager les cadres à rester dans l'entreprise, y compris les collaborateurs les plus importants. — Neil Barofsky, responsable du contrôle de l'utilisation des fonds publics accordés aux banques américaines M. Barofsky a ajouté qu'il allait cependant enquêter pour savoir comment le Trésor américain a pu autoriser et approuver ce genre de primes avant de verser 170 milliards de dollars de fonds publics au géant américain de l'assurance pour le sauver de la faillite. Conscient de la colère qu'a provoquée le versement de ces juteuses primes aux patrons d'AIG, Neil Barfosky a ajouté qu'il « allait tout faire pour récupérer l'argent du contribuable » s'il s'avérait que des irrégularités avaient été commises. Quand des représentants républicains lors de l'audition lui ont demandé si le secrétaire au Trésor, Timothy Geithner, était au courant du versement de ces primes lorsqu'il a accordé récemment 30 milliards de dollars supplémentaires à AIG, M. Barfosky a répondu que son enquête allait apporter une réponse à cette question. L'inspecteur général du plan de sauvetage du système financier américain a aussi affirmé aux représentants du Congrès qu'il collaborait à l'enquête du ministre de la Justice de l'État de New York, Andrew Cuomo, et du ministère américain de la Justice sur le versement de ces primes controversées, afin de rechercher les moyens disponibles pour récupérer l'argent des contribuables. Radio-Canada.ca avec Agence France Presse, Associated Press et Reuters |