Logo Radio-Canada

Économie AIG

Vers le démantèlement

Mise à jour le mercredi 18 mars 2009 à 13 h 44

Les bureaux d'AIG à New York

Photo: AFP/Mario Tama

Les bureaux d'AIG à New York

La formule « Too big to fail » (trop grand pour faire faillite), qu'inspirent les déboires de grandes compagnies américaines, ne semble plus résister à la réalité.

Le géant américain de l'assurance, AIG, sera démantelé et la filiale à l'origine de son fiasco, AIG Financial Products, sera assainie en quatre ans. C'est ce qu'a annoncé mercredi le PDG de l'assureur, Edward Liddy, devant un comité du Congrès américain.

AIG Financial Products repose sur 1600 milliards d'investissements risqués. Le volume de filiale sera considérablement réduit afin de diminuer le risque.

M. Liddy a souligné que le nom AIG ne sera pas maintenu, car il « est tellement atteint et déshonoré ». Il a précisé que la compagnie d'assurance elle-même allait vendre ses actifs et que l'assureur « tel qu'il existe depuis 90 ans va cesser d'exister ».

Mardi soir, le secrétaire au Trésor américain Timothy Geithner a annoncé que la compagnie allait être liquidée « de manière ordonnée », afin de « protéger le contribuable américain ».

Edward Liddy dans l'embarras

Edward Liddy, PDG d'AIG

Photo: La Presse Canadienne /Susan Walsh

Edward Liddy lors de son témoignage devant la sous-commission financière de la Chambre des représentants.

Devant les parlementaires américains, Edward Liddy a expliqué que son entreprise était tenue légalement de verser des primes d'un montant de 165 millions de dollars. Il a appelé les employés qui ont perçu plus de 100 000 $ à rembourser au moins la moitié.

Évoquant des raisons de sécurité, le nouveau PDG d'AIG a refusé toutefois de fournir la liste de ces bénéficiaires. Il faisait allusion à la colère des Américains après le versement des primes en temps de crise.

Edward Liddy a été nommé à la tête d'AIG à l'automne, au moment où le gouvernement américain injectait 170 milliards de dollars de fonds publics dans le grand assureur pour lui éviter la faillite. AIG est depuis contrôlée à 80 % par l'État.

Cible de sévères critiques de la part des membres de la sous-commission financière de la Chambre des représentants, il a plaidé que ces primes avaient été décidées bien avant son entrée en fonction à la tête de l'entreprise.

« Je n'apprécie pas ces arrangements et je trouve cela répugnant et difficile d'avoir à vous recommander leur application. [...] Mais honorer des engagements contractuels est au coeur de l'activité d'assureur », écrivait Edward Liddy le week-end dernier au secrétaire au Trésor, Timothy Geithner.

Le versement de ces primes aux cadres d'AIG, dont plusieurs sont jugés directement responsables de l'effondrement de l'entreprise, a fait sortir de ses gonds l'administration du président Barack Obama.

Qui plus est, la presse américaine révélait ce week-end qu'AIG aurait versé plus de 90 milliards de dollars d'aide fédérale à des banques américaines et étrangères, dont certaines avaient déjà reçu des fonds du gouvernement fédéral américain.

Obama promet un renforcement des contrôles

Questionné par les journalistes sur les pelouses de la Maison-Blanche, le président Barack Obama a déclaré qu'il souhaitait que le Congrès adopte une loi qui confère à l'État davantage d'autorité sur la réglementation des institutions financières et groupes internationaux américains.

Barack Obama a ajouté du même souffle qu'il envisageait avec les membres de son conseil économique la création d'une nouvelle entité de surveillance financière dans la lignée de la Corporation fédérale de protection des dépôts (Federal Deposit Insurance Corporation)

S'apprêtant à quitter la Maison-Blanche pour la Californie, le président s'en est une fois de plus pris à AIG, dont il a dénoncé les pratiques de gestion et le versement de primes aux cadres de l'entreprise. Outré par les pratiques de l'assureur, le président a lancé aux journalistes: « The buck stops with me », ce qu'on pourrait traduire par « C'est ici que ça s'arrête ».

L'administration Obama a d'ailleurs promis cette semaine d'obliger l'assureur américain AIG à rembourser l'intégralité des sommes versées en primes à ses employés.

« Nous imposerons contractuellement à AIG, dans le cadre de ses opérations, de rembourser au Trésor le montant des primes versées », a écrit Timothy Geithner aux dirigeants du Congrès, en ajoutant que les 30 milliards de dollars que doit encore verser Washington à AIG seront par conséquent réduits d'au moins 165 millions de dollars.

Radio-Canada.ca avec Associated Press et Presse canadienne

L'économie avec Gérald Fillion

Classe économique avec jean-Sébastien Bernachez

Chiffre du jour

Les dossiers d'insolvabilité ont augmenté de 33,6 % dans les 12 mois terminés en septembre par rapport à 2008

Dossiers en profondeur

Error processing SSI file