Bois commun recherché

forêt, épinettes

La lutte s'annonce féroce entre les différents utilisateurs de la forêt dans la refonte attendue du régime forestier.

Sept organismes exhortent le ministre des Ressources naturelles à privilégier une exploitation forestière à long terme, en sortant de l'avenue de l'approvisionnement industriel.

Sept organismes font front commun pour faire valoir leur point dans cette refonte: la Fédération des producteurs de bois du Québec, Nature Québec, le Regroupement national des conseils régionaux de l'environnement du Québec, le Syndicat de la fonction publique du Québec, le Syndicat des professionnels du gouvernement du Québec et l'Union des producteurs agricoles (UPA).

Lundi, ils ont exprimé leurs craintes de voir cette refonte profiter avant tout à la grande industrie forestière. « On craint que la réforme ne soit pas assez prononcée », a déclaré le directeur général de la Fédération des producteurs de bois, Jean-Pierre Dansereau, à La Presse Canadienne.

Québec doit, en ce domaine, privilégier le long terme et le bien commun, et non le gain politique à courte vue, plaide-t-il.

Le régime actuel de concessions forestières est « orienté de façon évidente vers l'approvisionnement industriel, vers le développement de l'industrie comme moyen de développer les régions du Québec », selon M. Dansereau. Il considère cette avenue à éviter.

Suivre le livre vert

Le regroupement exhorte le ministre des Ressources naturelles, Claude Béchard, à privilégier, comme il s'y était engagé, une réforme audacieuse. Celle-ci devrait, selon les groupes, répondre aux attentes de tous les utilisateurs de la forêt et aux besoins d'aujourd'hui.

Essentiellement, ils demandent au ministre de suivre son livre vert sur la refonte du régime forestier, en résistant aux pressions de la grande industrie qui ne souhaiterait qu'une réduction des coûts du bois, selon eux. Ce livre vert, présenté en février 2008, contient neuf orientations pour moderniser un régime forestier qui, selon le gouvernement, ne répond plus aux réalités contemporaines.

Selon ce livre vert, la loi mettrait fin, notamment, aux contrats d'approvisionnement et d'aménagement forestier (les CAAF), remplacés par un droit de premier preneur. Les industriels auraient ainsi un droit sur 75 à 80 % du volume de bois qui leur est actuellement consenti, alors que le reste de la matière ligneuse serait accessible au plus offrant et mis en vente dans un marché du bois.

Québec doit, selon le regroupement, résister à la tentation de garantir aux industriels une matière ligneuse à faible coût, ce qui ne ferait qu'encourager le gaspillage de la ressource, au lieu d'opter pour son développement durable.

Le regroupement dit aussi craindre que la présente crise économique ne serve de prétexte au gouvernement pour céder à toutes les demandes des grandes forestières.

« Il faut faire la distinction entre le fait de gérer la crise et mettre en place un régime qui va nous mener vers le futur et, qui sait, contribuera à ce que des crises aussi sévères ne se reproduisent pas. » — Jean-Pierre Dansereau, directeur général de la Fédération des producteurs de bois

Parmi les craintes exprimées par les groupes cités, notons qu'on redoute de voir le ministre abandonner son projet de scinder la gestion régionale des travaux sylvicoles et l'approvisionnement forestier, ce qui serait une erreur, selon ces groupes.

En principe, cette loi doit être adoptée d'ici la fin de l'année, à la suite d'un processus de consultation. Le projet de loi doit être déposé ce printemps.

Le nouveau régime forestier devrait être en vigueur à compter de 2013.