Le président de la Fed en colère

  |  Radio-Canada avec Agence France-Presse et Associated Press
Ben Bernanke, président de la Réserve fédérale américaine   © PC/Evan Vucci

Le président de la Réserve fédérale américaine, Ben Bernanke, est « en colère » contre l'assureur AIG, dont il critique les « paris irresponsables ».

Au lendemain de l'injection de 30 milliards supplémentaires pour sauver AIG, le président de la Réserve fédérale américaine, Ben Bernanke, qualifie l'assureur d'irresponsable.

Lundi, Washington a annoncé l'injection de 30 milliards de dollars supplémentaires pour sauver l'assureur, qui a reçu 180 milliards du Trésor public depuis septembre dernier.

« S'il y a un seul événement depuis les 18 derniers mois qui m'a mis en colère, je ne peux penser à personne d'autre qu'à AIG », a affirmé M. Bernanke lors d'une audition devant la commission sénatoriale sur les banques.

AIG, qui a affiché une perte de 99,3 milliards de dollars en 2008, a fait « une accumulation immense de paris irresponsables », selon le président de la Fed.

« La situation d'AIG me met à l'évidence très mal à l'aise », a reconnu M. Bernanke. Mais Washington n'avait « pas le choix » d'intervenir, a-t-il précisé. « Nous avons pris ces mesures parce que nous pensions d'abord que la faillite du plus grand groupe d'assurances du monde [...] serait catastrophique pour la stabilité du système financier mondial », a réitéré M. Bernanke.

« Nous savons que l'effondrement de grands établissements financiers lors d'une crise financière peut être catastrophique pour l'économie. Nous n'avions vraiment pas le choix. » — Ben Bernanke

« Nous ne savons pas avec certitude de quoi sera fait l'avenir, mais je pense que cela nous donne les meilleures chances à la fois d'arriver à une stabilité financière » et de se faire rembourser le prêt octroyé à AIG, a-t-il soutenu.

Le président de la Fed a par ailleurs déclaré que « le moment et l'ampleur du redressement de l'économie » dépendront de la capacité du gouvernement à stabiliser les marchés financiers.

Il a toutefois prévenu que l'impact des programmes gouvernementaux destinés à relancer l'économie était soumis à une « incertitude considérable », étant donné « l'état de la connaissance économique et des circonstances économiques inhabituelles » actuelles.

De sombres perspectives

Le président américain Barack Obama ne s'est guère montré plus optimiste quant à la possibilité d'une reprise rapide de l'économie américaine dans un discours prononcé au département des Transports.

« La performance économique du dernier trimestre de 2008 a été la pire des 25 dernières années », a dit le président Obama, ajoutant que « franchement, le premier trimestre de cette année ne promet guère d'être meilleur. »

L'économie américaine s'est contractée de 6,2 % au dernier trimestre.

Le président américain soutient que le principal défi de son administration consiste à permettre aux consommateurs et aux entreprises d'avoir accès au crédit. À ce sujet, il affirme qu'une nouvelle facilité de crédit par la Réserve fédérale américaine permettra de « débloquer le marché du crédit ».

Barack Obama faisait référence au programme TALF (Term Asset-Backed Loan Facility), qui doit permettre d'injecter au moins 200 milliards de dollars dans le crédit à la consommation grâce à l'achat de titres adossés à divers crédits mobiliers, dont des cartes de crédit, des prêts automobiles ou d'autres types de crédit à la consommation.

Le programme TALF, placé sous la responsabilité de la Réserve fédérale et du département du Trésor, a été créé en novembre, mais n'a été formellement lancé que mardi. La somme minimale de 200 milliards qu'il doit permettre d'injecter dans l'économie pourrait être portée à 1000 milliards de dollars selon l'évolution de la situation.

« En rouvrant les marchés du crédit, le programme TALF aidera les prêteurs à répondre aux besoins des consommateurs et des petites entreprises, ce qui contribuera à stimuler l'économie en général », ont indiqué la Réserve fédérale et le Trésor dans un communiqué conjoint publié avant l'ouverture des marchés.