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AFP/JUSTIN SULLIVAN
Acculée au mur par une crise qui lui a fait perdre des milliards de dollars, l‘une des plus grosses banques américaines, la Citigroup, a pris, vendredi, une décision impensable voilà seulement un an dans le pays du capitalisme, en acceptant sa nationalisation partielle.
Les autorités américaines et la direction de la Citigroup, l'une des plus grosses banques des États-Unis se sont entendues sur les termes d'une prise de possession de 40 % de la banque par Washington.
L'opération, qui fera de Washington l'un des principaux actionnaires de la Citigroup avec 40 % des voix, ne devrait pas coûter un sou de plus aux contribuables. La prise de participation se fera en convertissant 25 milliards de dollars d'actions préférentielles que détient déjà le Trésor public en actions ordinaires donnant, elles, un droit de vote.
Soucieux que son arrivée dans l'actionnariat de l'entreprise ne provoque pas la dilution brutale des autres actionnaires, ce qui aurait assurément fait chuter le titre de la Citi, Washington ne donnera son feu vert à la conversion de ses actions qu'après que d'autres détenteurs d'actions préférentielles auront fait de même.
Parmi les principaux investisseurs visés par la transaction figurent notamment le fonds souverain du gouvernement de Singapour et le prince saoudien Al-Walid Bin Talal.
Washington compte aussi imposer un remaniement majeur du conseil d'administration de la banque. Il semblerait, selon plusieurs sources proches du dossier, que le gouvernement américain va exiger qu'y siège une majorité d'administrateurs indépendants. L'actuel président-directeur général de la Citigroup, Vikram Pandit, devrait toutefois conserver son poste.
Le Trésor américain a déjà versé 45 milliards de dollars à la banque en difficulté au cours des derniers mois.
Jusqu'à aujourd'hui, Washington ne détenait que 8 % des titres avec droit de vote de la Citigroup.