Une enquête publique est réclamée

Caisse de dépôt et de placement du Québec   © PC/Ryan Remiorz

Plusieurs organisations syndicales et autres réclament la tenue d'une commission d'enquête publique pour faire la lumière sur les résultats désastreux de la CDPQ.

L'annonce d'une perte de 39,8 milliards de dollars à la Caisse de dépôt et placement du Québec a suscité de nombreuses réactions.

Plusieurs organismes ont réclamé la tenue d'une commission d'enquête publique pour faire toute la lumière sur ces résultats désastreux. La grogne était notamment palpable dans les grandes organisations syndicales, où des milliers de travailleurs ont des fonds de pension gérés par la CDPQ.

Mais la ministre des Finances du Québec, Monique Jérône-Forget, a écarté du revers de la main la possibilité de créer une telle commission d'enquête.

Les déclarations des syndicats et autres organisations

Le Secrétariat intersyndical des services publics (SISP) demande une enquête du vérificateur général du Québec et l'élargissement de son mandat pour se pencher sur la mauvaise gestion de la Caisse de dépôt. « Il faut examiner de près la gestion du risque pratiquée par la Caisse », a commenté la porte-parole du SISP, Lucie Martineau.

À ce sujet, l'ADQ compte revenir à la charge, à la reprise des travaux parlementaires, avec son projet de loi qui donnerait au vérificateur général toute la latitude nécessaire pour examiner les livres de la Caisse.

Pour sa part, la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ) estime qu'il faut en finir avec « l'obsession du rendement à tout prix ». « Il est paradoxal que le tournant vers le rendement à tout prix semble avoir généré des pertes sans précédent. Visiblement, ça ne fonctionne pas », a commenté son président Michel Arsenault.

L'Association québécoise des retraités des secteurs publics et parapublics se dit très inquiète des pertes de la Caisse de dépôt. Elle réclame une commission d'enquête afin de connaître les raisons qui ont mené à des pertes d'une telle ampleur.

La présidente de l'Association, Madeleine Michaud, fait valoir qu'une commission d'enquête permettrait d'aller plus loin en dévoilant des documents confidentiels. « Une commission parlementaire, c'est très différent d'une commission d'enquête. Les gens n'ont pas accès aux documents confidentiels, à savoir les procès verbaux, les politiques de placements », souligne Mme Michaud.

Selon cette association, le mauvais rendement de la Caisse et de dépôt entraîne une perte de près de 20 milliards de dollars dans les régimes de retraite de ses membres.

Yves Michaud Yves Michaud (archives)

L'ancien président et fondateur du Mouvement d'éducation et de défense des actionnaires (MEDAC), Yves Michaud, est également favorable à la tenue d'une enquête publique. Selon le « Robin des banques », il est louable que Québec convoque les responsables de la Caisse devant un comité parlementaire pour répondre aux questions des députés, mais l'absence de pouvoir contraignant d'un tel comité sera sans effet si les personnes convoquées refusent de répondre ou même de s'y présenter.

Yves Michaud voudrait aussi que Québec balise la structure des investissements à la Caisse de dépôt pour éviter, entre autres, que de trop grandes sommes d'argent ne soient investies dans des placements à risque, comme ce fut le cas pour le papier commercial par exemple.

La question de la hausses des tarifs des services publics

Le Conseil du patronat du Québec s'est montré sceptique face aux propos rassurants de la Commission de la santé et de la sécurité du travail (CSST) et de la Régie des rentes (RRQ), selon lesquels elles ne prévoient pas de hausse de leurs cotisations.

« Avec les rendements que la CDPQ rend publics aujourd'hui, les taux de cotisation à la CSST ou à la Régie des rentes seront vraisemblablement revus au cours des prochains mois », estime le CPQ.

Le Conseil a exhorté Québec à respecter la capacité de payer des entreprises. « Les employeurs du Québec devront inévitablement payer les pots cassés, mais personne ne gagnerait à ce qu'ils soient forcés de les payer pendant qu'ils connaissent eux aussi leur lot de défis économiques à surmonter », a déclaré l'économiste en chef du CPQ, Norma Kozhaya.