Milliards par-dessus milliards

  |  Radio-Canada avec Agence France-Presse, Reuters et Associated Press
Des véhicules fabriqués par GM   © AFP/Justin Sullivan/Getty Images/AFP

Pour survivre à la crise de l'industrie automobile, General Motors et Chrysler demandent jusqu'à 21,6 milliards supplémentaires au Trésor américain et prévoient supprimer 50 000 emplois.

General Motors pourrait avoir besoin de 16,6 milliards de dollars supplémentaires pour survivre à la crise de l'industrie automobile. De son côté, Chrysler réclame 5 milliards de plus au Trésor américain.

Les géants américains de l'automobile ont fait ces demandes mardi lors du dévoilement de leur plan de restructuration en échange de prêts consentis par l'État pour éviter la faillite.

GM a déjà reçu 13,4 milliards de Washington en décembre dernier, et Chrysler a obtenu 4 milliards.

Pour retrouver la rentabilité à long terme, GM prévoit supprimer 47 000 emplois dans le monde en 2009, retirer plusieurs modèles et fermer des usines.

De son côté, Chrysler prévoit de supprimer 3000 emplois cette année, en plus de retirer trois modèles de son catalogue.

Les deux entreprises de Detroit veulent par ailleurs produire des véhicules plus compacts et plus économes en carburant.

Chrysler a fait valoir que, malgré les progrès déjà accomplis, la situation économique s'est considérablement détériorée depuis qu'il a reçu une aide de 4 milliards de dollars en décembre.

Sa demande de 3 milliards est donc passée à 5 milliards « en raison d'un effondrement de l'économie sans précédent et de prévisions de chute des ventes automobiles aux États-Unis ».

Les deux constructeurs continuent néanmoins de rejeter l'hypothèse d'une restructuration sous la protection de la loi sur les faillites.

« Une restructuration hors du régime des faillites, ainsi que l'exécution de notre plan [...], renforcé par l'alliance stratégique avec Fiat, sont la meilleure option pour nos employés, nos syndicats, nos concessionnaires, nos fournisseurs et nos clients », a indiqué Chrysler.

« Toutes nos recherches arrivent à la conclusion que la faillite aurait des conséquences dramatiques sur nos ventes », a fait valoir GM.

Chrysler et GM doivent prouver au gouvernement Obama que l'argent qui leur a été versé et qui leur sera probablement versé sous peu les sortira de la crise.

La Maison-Blanche a indiqué mardi soir que les rapports seront examinés attentivement, ajoutant qu'il faudrait faire plus pour assurer la viabilité des géants de l'automobile.

Les rapports présentés aujourd'hui ne sont que des rapports d'étape ouvrant la voie à la remise de plans définitifs, le 31 mars prochain.

Accord préliminaire avec les travailleurs

Par ailleurs, le syndicat des travailleurs de l'automobile a annoncé mardi qu'un accord préliminaire a été conclu avec Chrysler, Ford et General Motors.

Le président du syndicat, Ron Gettelfinger, a affirmé que cette entente, qui apportera des changements à des conventions collectives signées en 2007, aidera les constructeurs à faire face à la situation économique extraordinaire. Les détails de l'entente devraient être connus après la ratification.

Au Canada

Le premier ministre Stephen Harper est sûr que GM restera au Canada quoi qu'il arrive.

Il admet cependant que la restructuration de l'entreprise nécessaire pour la ramener sur la voie des profits sera complexe, et qu'elle pourrait se traduire par des pertes d'emploi.

Les géants nord-américains de l'automobile, dont GM, présenteront vendredi à Ottawa le volet canadien de leur plan de restructuration.

Ottawa se promet entre temps de bien analyser le plan que le constructeur déposera aujourd'hui à Washington.

Le fédéral exige lui aussi des concessions importantes en échange des 4 milliards de dollars d'aide qu'il a promis aux usines canadiennes.