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Économie Purge à la Caisse de dépôt

Québec veut resserrer les contrôles de risque

Mise à jour le lundi 9 février 2009 à 13 h 35

Bien qu'elle démente toute intention de son gouvernement de faire congédier des vice-présidents à la Caisse de dépôt et placement du Québec, la ministre des Finances Monique Jérôme-Forget affirme que son gouvernement veut cependant resserrer le contrôle de la gestion du risque à la CDP.

Monique Jérôme-Forget

Alors que la CDP s'apprêterait à annoncer des pertes records qui pourraient atteindre 38 milliards de dollars, notamment selon La Presse et le Globe and Mail, la ministre Jérôme-Forget laisse entendre que son gouvernement pourrait nommer un sous-ministre au conseil d'administration de la Caisse.

Le retour d'un sous-ministre au C.A. de la Caisse entrerait en contradiction avec la loi sur la gouvernance de la CDP adoptée par les libéraux en 2004. Cette mesure retirait le gouvernement du conseil d'administration de la CDP. Or, il semble que le gouvernement Charest soit mécontent de la façon dont la Caisse est gérée actuellement.

Interrogée lundi matin sur les ondes de la télévision de Radio-Canada, Monique Jérôme-Forget a évoqué la création d'« un comité au niveau de la gestion du risque beaucoup plus rigoureux et beaucoup plus fort que ce qu'il y a en ce moment au C.A. et à l'intérieur de la Caisse ».

Sur les ondes de l'émission matinale de la radio de Radio-Canada, la ministre est allée plus loin en déclarant: « Est-ce que le sous-ministre des Finances devrait siéger au conseil d'administration? C'est clair que moi, ça va être une recommandation que je vais faire au premier ministre ».

Un recul pour certains, un progrès pour d'autres

Cette décision serait un recul pour la bonne gouvernance de l'institution, selon l'ancien haut dirigeant de la CDP Michel Nadeau: « Les membres du conseil se disent: "ne perdons pas notre temps à discuter d'un choix stratégique si le ou la ministre, par la voix de son sous-ministre, nous dit c'est ça que l'on doit faire" ».

Mais pour Yves Michaud, fondateur du Mouvement d'éducation et de défense des actionnaires, il s'agit d'une bonne décision, car selon lui, le principal responsable de la CDP demeure le gouvernement du Québec.

« Le bas de laine des Québécois, c'est la propriété du gouvernement du Québec. [...] Une personne sur quatorze, ce n'est quand même pas l'envahissement total du gouvernement sur les décisions de la Caisse de dépôt », a plaidé Yves Michaud sur les ondes de Radio-Canada en ajoutant que Québec n'avait aucun droit de congédier ou de nommer des vice-présidents à la CDP.

Confusion autour du départ de Pierre Brunet

En ce qui a trait au départ du président du conseil d'administration de la CDP, Pierre Brunet, la ministre a déclaré lundi sur les ondes de RDI qu'il n'avait pas sollicité un nouveau mandat. La ministre a par ailleurs confirmé plus tard que son mandat ne serait pas renouvelé.

Or, selon nos sources, M. Brunet aurait souhaité demeurer dans ses fonctions.

La ministre des Finances nie toute ingérence dans la Caisse

Lundi matin, la ministre Jérôme-Forget a vivement démenti l'information voulant que son gouvernement ait élaboré un scénario pour congédier sept des onze premiers vice-présidents de la Caisse de dépôt et placements du Québec.

Sur les ondes de RDI, la ministre des Finances a contredit ces informations en déclarant que la loi ne permet pas au gouvernement du Québec, ni à elle ou même au premier ministre, de congédier ou de nommer les vice-présidents de la CDP.

« C'est faux, archifaux, pour plusieurs raisons. D'abord, le gouvernement n'a pas ce pouvoir. Il appartient à la direction de la Caisse de choisir ses vice-présidents. Deuxièmement, le gouvernement ne veut surtout pas s'immiscer dans les affaires de la Caisse. [...] C'est complètement faux que le gouvernement ait même pensé à poser un tel geste », a expliqué Monique Jérôme-Forget.

Pour Monique Jérôme-Forget, il faudra d'abord trouver un président du conseil d'administration de la Caisse, qui recommandera par la suite la nomination d'un PDG; et c'est à ce dernier que reviendra de faire des changements à la direction de la Caisse.

« Ce sera la décision de la direction et non au gouvernement d'intervenir de quelque façon que ce soit », a martelé la ministre.

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