Des propos encourageants

  |  Radio-Canada avec La Presse Canadienne, Agence France-Presse et Associated Press
Stephen Harper Stephen Harper   © PC/Adrian Wyld

Le premier ministre Stephen Harper salue les déclarations du président Barack Obama, selon qui le protectionnisme est une source potentielle de conflits commerciaux.

Le premier ministre du Canada, Stephen Harper, s'est dit encouragé, mercredi, par les propos tenus la veille par le président américain, Barack Obama. Celui-ci a déclaré, lors de différentes entrevues qu' « envoyer un message protectionniste [...] pourrait être une erreur à l'heure actuelle. Il s'agit d'une source potentielle de conflits commerciaux que nous ne pouvons déclencher au moment où l'économie est en difficulté partout dans le monde ».

« Le président a reconnu le risque très réel de provoquer des guerres commerciales, ce qui n'est dans l'intérêt d'aucun pays, incluant les États-Unis », a soutenu M. Harper.

Il faisait référence à la clause Buy American, qui prévoit que les projets d'infrastructures qui recevront de l'argent en vertu du plan de relance économique du président Obama devront utiliser d'abord de l'acier et du fer produits aux États-Unis.

Le ministre du Commerce international, Stockwell Day, a ajouté que cette déclaration du président Obama démontrait que les inquiétudes d'Ottawa ont été entendues à Washington et que « quelque chose doit être fait ». Il a en outre déclaré que « le chef de la majorité démocrate à la Chambre des représentants avait dit que les préoccupations du Canada étaient justifiées. »

Le porte-parole libéral en matière de finances, John McCallum, a pour sa part jugé qu'il était « extrêmement bon, non seulement pour le Canada, mais aussi pour le reste du monde », que le président Obama ait parlé contre le protectionnisme. Le chef bloquiste, Gilles Duceppe, s'est de son côté dit « optimiste », tout en soulignant que personne ne sait pour l'instant ce qui serait retiré du projet de loi.

Le premier ministre du Québec, Jean Charest, a de son côté déclaré que les politiques protectionnistes qui pourraient nuire à la conclusion d'éventuels accords de libre-échange devaient être évitées, tant par le Canada, les États-Unis et l'Union européenne.

Le Canada et l'Union européenne doivent inciter l'administration Obama et le Congrès à ne pas mettre en place de politiques d'achat local, a déclaré M. Charest, mercredi, en entrevue à l'Associated Press.

Critiques à Washington

La controversée clause sur le fer et l'acier, qui pourrait être étendue à tous les biens manufacturés, selon une version du projet de loi à l'étude au Sénat, a été critiquée plus tôt cette semaine par l'ambassadeur canadien à Washington, Michael Wilson, son homologue de l'Union européenne, John Bruton, et par de nombreuses multinationales américaines, comme General Electric, Caterpillar et Fed Ex.

Les républicains du Congrès sont également contre cette disposition, qu'ils jugent susceptible de déclencher une guerre commerciale. Des démocrates sont également de cet avis. Mardi, le chef du Parti républicain à la Chambre des représentants, Steny Hoyer, a affirmé que les inquiétudes du Canada au sujet de la clause Buy American sont « pertinentes » et « justifiées ».

Plaidoyer pour une exemption canadienne

Le président de la United Steelworkers Union, Leo Gerard Le président de la United Steelworkers Union, Leo Gerard   © PC/AP/Mark Duncan

Le président de la United Steelworkers Union, qui représente 850 000 travailleurs américains et canadiens de l'acier, a de son côté plaidé, mercredi, pour que les entreprises canadiennes soient exemptées de la clause Buy American. Il a fait cette demande à l'occasion d'une rencontre du caucus du Congrès sur l'acier, au Capitole.

M. Gerard a déclaré que, comme les industries de l'acier canadienne et américaine sont étroitement liées, les élus américains doivent travailler avec leurs homologues canadiens en vue de mettre en place une approche commune.

Selon M. Gerard, la disposition Buy American, ajoutée au projet de loi par les démocrates de la Chambre des représentants, ne vise pas le Canada, mais bien la Chine. « Nous défendons l'industrie canadienne et le Canada ne défend pas son industrie », affirme le président de la United Steelworkers Union, qui a été l'une des principales forces militant en faveur de cette mesure, qu'Ottawa juge protectionniste.

Le caucus du Congrès sur l'acier est un groupe influent comprenant une centaine de représentants et de sénateurs américains, tant démocrates que républicains, qui défendent les intérêts de l'industrie américaine de l'acier. Ses membres sont tous issus de districts ou d'États au sein desquels l'industrie est présente.

M. Gerard, qui est Canadien d'origine, avait également apporté cette précision, dimanche, lors de l'émission Question Period, diffusée sur les ondes du réseau CTV. « Le Canada n'est pas le problème en ce moment. Ce sont la Chine, les pays asiatiques et la Russie qui font du dumping de leur production aux États-Unis et au Canada. »

« Je n'entends pas le gouvernement canadien se lever et déposer des accusations en vertu des lois commerciales contre les Chinois, qui ont accru leur production et leur dumping d'acier au Canada de 300 % », avait-il ajouté, sans préciser l'année de référence pour ses calculs.