Day joue la prudence

  |  Radio-Canada avec The Globe and Mail et La Presse
L'aciérie Stelco de Hamilton en Ontario L'aciérie Stelco de Hamilton en Ontario   © PC/Adrian Wyld

Alors que 2000 emplois pourraient être menacés au Québec par le plan de relance de Barack Obama, le ministre canadien du Commerce international opte pour la négociation avec Washington. Il craint une escalade de représailles.

L'industrie canadienne de l'acier espère que des amendements seront apportés au plan américain de relance économique.

En vertu de la clause Buy American contenue dans ce plan, sur lequel le Sénat américain a commencé à se pencher lundi, les entreprises américaines qui veulent obtenir des contrats d'infrastructures devront acheter leur acier aux États-Unis.

Ottawa continue de privilégier les discussions calmes avec la Maison-Blanche pour obtenir des amendements. Toutefois, le ministre canadien du Commerce international, Stockwell Day, craint déjà une escalade des mesures de rétorsion à l'endroit des États-Unis. Selon lui, même des entreprises américaines sont au fait de ce risque.

Il répondait ainsi au chef libéral, Michael Ignatieff, qui a accusé le gouvernement conservateur de Stephen Harper d'immobilisme dans ce dossier.

Des entreprises en péril au Québec

Au Québec, une soixantaine d'entreprises de transformation de l'acier, qui emploient 6000 personnes, craignent grandement le contrecoup du plan de relance du président Obama.

Selon une coalition d'entreprises canadiennes, au moins 2000 emplois dans le secteur de l'acier au Québec et d'autres milliers, ailleurs au Canada, pourraient disparaître en raison du plan des démocrates à Washington.

Sylvie Boulanger, de l'Institut canadien de la construction en acier, qui représente entre autres les fabricants de charpente, estime que cette clause n'est qu'une solution à court terme pour les États-Unis. « À long terme, à peu près aucun économiste ne va vous dire que ça rapporte à une industrie, à un pays », soutient-elle.

Si la clause est adoptée, des pays comme le Canada pourraient la contester, mais il s'agit d'un long processus. Yan Cimon, professeur de stratégie au département de management de l'Université Laval, croit fort possible que des recours soient encore devant les tribunaux au moment où la clause Buy American, qui est temporaire, prendra fin.

Un émissaire à Davos

Pour tenter de calmer la grogne internationale sur son plan qui favorise l'achat aux États-Unis, le président Obama a dépêché un représentant au sommet économique de Davos. Le quotidien The Globe and Mail rapporte que le ministre Day s'est dit modérément optimiste après avoir parlé avec l'émissaire américain.

Les exportations canadiennes d'acier vers les États-Unis valaient 11 milliards de dollars en 2007. Les entreprises québécoises de transformation de l'acier exportent chaque année aux États-Unis des matériaux destinés à la construction, notamment des poutres et des charpentes, d'une valeur d'environ 500 millions de dollars.