Le porte-parole de la Maison-Blanche, Robert Gibbs
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AFP/Mandel NGAN
L'administration Obama se penche sur la clause qui réserve aux sidérurgies américaines les achats d'acier financés par le plan de relance.
L'administration du président américain Barack Obama se penche sur la clause controversée qui oblige l'achat d'acier aux sidérurgies américaines dans le cadre de projets d'infrastructure financés par le plan de relance de 819 milliards de dollars.
Le porte-parole de la Maison-Blanche, Robert Gibbs, a déclaré que « l'administration est en train de réexaminer cette clause », ajoutant que les inquiétudes soulevées par celle-ci avait été entendue. Il n'a toutefois pas voulu s'avancer sur les éventuels résultats de ce réexamen.
Selon la clause en question, le fer et l'acier devront être entièrement achetés aux États-Unis dans le cadre du plan de relance. La seule façon de retrouver des produits étrangers serait que l'offre d'acier américain ne suffise pas ou que son prix augmente la facture finale du projet de plus de 25 %.
Le Canada, qui est cosignataire de l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) avec les États-Unis, exporte 40 % de son acier au sud de la frontière. Ottawa a d'ailleurs exprimé sa crainte, jeudi, que le plan de relance du président Obama n'entraîne une poussée de protectionnisme.
Inquiétudes aux États-Unis
La Chambre de commerce des États-Unis a exprimé des réserves, vendredi, au sujet de la disposition Buy American (« Achetez américain »). Selon le président de la Chambre, Thomas Donohue, une telle clause pourrait se traduire par des pertes d'emplois du côté américain. À son avis, cette mesure entraînerait des représailles de la part des partenaires commerciaux des États-Unis. En outre, M. Donohue estime que la clause Buy American ralentirait la relance de l'économie.
Des sidérurgistes européens ont déjà déclaré qu'une telle mesure irait à l'encontre des engagements américains envers l'Organisation mondiale du commerce (OMC).
Des participants au Forum économique mondial de Davos, dont le ministre canadien des Finances, Jim Flaherty, et le premier ministre britannique, Gordon Brown, ont pour leur part mis en garde les pays tentés par des mesures protectionnistes pour relancer leur économie.
Day n'achète pas
De son côté, le ministre canadien du Commerce international, Stockwell Day, entend contester la clause Buy American. Arrivé vendredi à Davos, M. Day a souligné que Washington avait mis en place des mesures protectionnistes dans les années 1930 et que des mesures de rétorsion adoptées par d'autres pays avaient entraîné la Grande Dépression.
Le ministre Day souhaite en outre inscrire la libéralisation des échanges à l'ordre du jour. Il persiste à croire en la relance des négociations à l'OMC, dans le cadre de la ronde de Doha. Le sujet a toutefois été très peu soulevé à Davos cette année.
Stockwell Day compte offrir l'aide du Canada au directeur général de l'OMC, Pascal Lamy, afin de faire débloquer ce dossier. De nombreux observateurs croient cependant que la ronde de Doha n'a plus sa raison d'être, particulièrement depuis que la crise financière s'est aggravée, l'automne dernier.
Un « mal nécessaire »
La ministre française de l'Économie, Christine Lagarde, a pour sa part déclaré, vendredi, qu'« un peu de protectionnisme est un mal nécessaire. J'ajoute: un mal nécessaire temporaire », en attendant une meilleure régulation pour protéger les clients des risques du marché.
« Aujourd'hui, on est en retard d'un cran en régulation », a-t-elle déclaré à la station de radio BFM. Elle a ajouté qu'il « faut qu'on arrive à ce cran de régulation pour éviter les mesures de protectionnisme qui sont mauvaises en soi ».