Réduisez les salaires, dit le gouvernement Harper

Usine de General Motors Usine de General Motors   © AFP/Kittiwongsakul

General Motors et Chrysler devront abaisser les coûts de leur main-d'oeuvre au Canada au niveau des coûts aux États-Unis et ultimement à ceux des constructeurs japonais en Amérique du Nord.

Le ministre fédéral de l'Industrie Tony Clement presse GM et Chrysler de sabrer les coûts de leur main-d'oeuvre au Canada s'ils veulent bénéficier du plan d'aide gouvernemental de 4 milliards de dollars.

Le gouvernement Harper exige que GM et Chrysler respectent cette condition, sinon ils ne pourront pas bénéficier de l'aide canadienne de 4 milliards de dollars.

Le ministre fédéral de l'Industrie Tony Clement a confirmé la nouvelle dans un discours à Toronto lundi matin.

GM et Chrysler ont jusqu'au 20 février pour expliquer comment ils s'y prendront pour respecter les modalités et les conditions du plan d'aide gouvernemental, qui sont toujours en préparation.

Pour ou contre la réduction des salaires des travailleurs de l'automobile?

Ottawa et l'Ontario on annoncé avant Noël un plan de sauvetage de l'industrie canadienne de l'auto de l'ordre de 4 milliards de dollars.

Le ministre Clement indique que les conditions du plan canadien ressembleront à celles du plan d'aide des États-Unis. Washington demande aux grands de l'auto établis à Detroit de réduire les salaires de leurs travailleurs au niveau de ceux des constructeurs japonais.

« Nous ne pouvons pas demeurer concurrentiels et nous ne pouvons pas sauvegarder notre l'industrie [de l'auto] si nos coûts ne sont pas compétitifs », a précisé le ministre Clement.

Lewenza furieux

Le président national Syndicat des Travailleurs canadiens de l'auto (TCA), Ken Lewenza, a qualifié les propos du ministre Clement d'« absolument ridicules », voire de « malhonnêtes ».

M. Lewenza indique que les fabricants d'autos au Canada ont réalisé des profits chaque année, jusqu'à ce que la crise financière mondiale provoque la crise du crédit et fasse baisser les ventes de véhicules à leur niveau d'il y a 20 ans. Il insiste également sur le fait que la main-d'oeuvre ne représente que 7 % des coûts de production d'un véhicule. Le président des TCA déplore le fait qu'il n'est pas informé des conditions des prêts gouvernementaux et réclame une place à la table de négociations.

Selon divers analystes, les travailleurs canadiens de l'auto devraient subir des réductions de salaire et d'avantages sociaux de 15 à 20 $ de l'heure pour être au niveau des travailleurs de l'autre côté de la frontière.

Chrysler doit commencer les négociations à ce sujet avec les TCA cette semaine, mais Ken Lewenza affirme ne pas être au courant de la tenue de ses négociations. General Motors a indiqué au président des TCA que la direction de l'entreprise consultera le syndicat avant de soumettre son plan au gouvernement.