Washington vole au secours de Bank of America

Une succursale de la Bank of America à New York Une succursale de la Bank of America à New York   © AFP/Emmanuel Dunand

Les injections massives de fonds publics pour venir en aide au secteur bancaire se poursuivent aux États-Unis. Le Trésor américain injecte cette fois 20 milliards $US dans la première banque du pays.

La plus grosse banque des États-Unis, Bank of America, s'est entendue avec le gouvernement américain, dans la nuit de jeudi à vendredi, sur l'injection de 20 milliards de dollars en fonds publics pour l'aider à traverser la présente crise financière.

Ces milliards seront prélevés à même le fonds de sauvetage de 700 milliards de dollars mis en place l'automne dernier par Washington. En contrepartie, la Bank of America s'engage à respecter des conditions très strictes en matière de salaires et de primes pour ses dirigeants et à revoir de fond en comble ses politiques de prêts immobiliers.

La Bank of America a déjà reçu du gouvernement américain 25 milliards, dont 10 milliards voilà seulement quelques jours, pour l'aider à digérer une acquisition de la banque d'affaires Merrill Lynch plus indigeste que prévu.

La direction de la banque a aussi publié vendredi matin les résultats du quatrième trimestre faisant état, sans grande surprise, d'une perte de 1,7 milliard. Bank of America termine donc l'année 2008 avec un profit de 4 milliards, en chute de 73 % par rapport à celui enregistré un an plus tôt.

Des rumeurs circulaient d'ailleurs dans la presse d'affaires américaines depuis plusieurs jours à propos du possible avortement du rachat de Merrill Lynch par Bank of America en raison de pertes trimestrielles plus importantes que prévu.

La situation demeure précaire

Jusqu'à présent, les centaines de milliards injectées par le Trésor américain dans son système bancaire n'ont servi qu'à le maintenir à peine à flots, les grands joueurs du secteur naviguant toujours dans le rouge.

Et la situation pourrait s'aggraver au cours des prochains mois, des analystes craignant désormais que la crise économique plus « traditionnelle » qui se profile aux États-Unis, avec une montée en flèche du chômage, ne vienne heurter de front des banques déjà plus que fragilisées.

L'agence de presse économique Bloomberg estime que les pertes accumulées dans le secteur financier depuis le début de la crise dépassent désormais les 1000 milliards, dont 687 milliards aux États-Unis seulement.

Toujours selon Bloomberg, ce sont pas moins de 252 000 emplois dans le secteur bancaire et financier qui ont été éliminés depuis le début de la même crise, soit près de 5 % des effectifs mondiaux. Aux États-Unis, cette proportion atteint même les 8 %.