19 décembre 2008
Sauver le sauvetage12 décembre
Le plan d'Ottawa arrive13 décembre
![]() Économie Crise économique Bush donne du temps et de l'argentMise à jour le vendredi 19 décembre 2008 à 15 h 15 Confrontée à des faillites imminentes de General Motors et Chrysler, la Maison-Blanche a annoncé vendredi qu'elle offrait aux grands constructeurs automobiles américains des prêts de 13,4 milliards de dollars puisés à même le plan de sauvetage des institutions financières.
La somme, qui pourra être bonifiée de 4 milliards en février, doit permettre aux constructeurs de présenter des plans d'affaires viables d'ici le 31 mars. La Maison-Blanche a précisé que GM recevrait 9,4 milliards, et Chrysler, 4 milliards. Ford dit ne pas avoir besoin de cette aide financière. Lors d'un court point de presse, le président Bush a dit qu'il n'avait pas le choix d'agir de la sorte, étant donné le rejet par le Sénat du plan de sauvetage de l'industrie automobile. Une faillite désordonnée des grands constructeurs, a-t-il mentionné, aurait des conséquences dévastatrices pour le reste de l'économie américaine. Un tel dénouement pourrait plonger l'économie dans une récession « plus longue et plus profonde », a-t-il dit. « Dans des circonstances économiques ordinaires, je dirais que [la faillite] est le prix que les compagnies qui échouent doivent payer », a dit le président Bush. « Mais ce ne sont pas des circonstances économiques ordinaires. [...] Permettre l'effondrement de l'industrie automobile américaine n'est pas une option responsable », a-t-il ajouté. Selon lui, les dispositions du chapitre 11 de la loi américaine sur les faillites, qui permettent aux compagnies de se placer sous la protection des tribunaux pour mieux se réorganiser, ne fonctionneraient probablement pas au moment présent. Si les constructeurs qui bénéficieront des prêts ne sont pas en mesure de présenter un plan d'affaires viable d'ici le 31 mars, a précisé le président Bush, ils pourront à tout le moins procéder aux préparatifs nécessaires à une faillite ordonnée. Le cas échéant, a-t-il précisé, le gouvernement récupérera ses billes. « La restructuration demandera des concessions significatives de toutes les parties impliquées: gestionnaires, syndicats, créanciers, les détenteurs d'obligation, les concessionnaires et les fournisseurs », a prévenu le président. George W. Bush a précisé que les industries doivent notamment s'assurer que leur régime de retraite soit viable. Le secrétaire au Trésor américain, Henry Paulson, a précisé un peu plus tard que le versement annoncé de la somme de 13,4 milliards de dollars fait en sorte que la première tranche de 350 milliards de dollars prévue dans le plan de sauvetage approuvé en octobre a été entièrement allouée. Il annonce en outre qu'il demandera bientôt au Congrès de débloquer la seconde tranche de 350 milliards. « Je vais discuter des modalités avec les dirigeants du Congrès et l'équipe de transition du président élu dans un avenir proche », indique-t-il. Le président désigné, Barack Obama, qui succédera à George W. Bush le 20 janvier, a salué cette décision. « Les mesures d'aujourd'hui sont nécessaires pour tenter de prévenir un effondrement de notre industrie automobile qui aurait des conséquences dévastatrices pour notre économie et nos travailleurs », a déclaré M. Obama à Chicago. GM et Ford réagissent Dans un communiqué, General Motors dit être reconnaissant de cette aide gouvernementale. Le prêt, soutient le constructeur, « aide à préserver de nombreux emplois et permettra la poursuite des opérations de GM et de ses nombreux fournisseurs, concessionnaires et autres petites entreprises de partout au pays qui dépendent de nous ». Le fabricant automobile affirme que l'argent lui permettra « d'accélérer la complétion d'un plan de restructuration dynamique pour un retour à un succès durable et à long terme ». « Nous avons maintenant beaucoup de travail devant nous », admet GM. « Notre intention est de continuer à être transparent dans la mise en oeuvre de ce plan, et nous offrirons des mises à jour régulières sur nos progrès. » Ford, qui est en meilleure position que ses concurrents, ne compte pas utiliser cet argent, mais salue néanmoins le geste du gouvernement. « Nous n'avons pas de problème de liquidités à court terme et nous ne recherchons pas d'aide financière à court terme du gouvernement », a déclaré le directeur général de la firme, Alan Mullaly, dans un communiqué. « Mais nous tous, chez Ford, apprécions la mesure prudente prise par l'administration pour résoudre les difficultés de liquidités à court terme de GM et Chrysler. [...] Le secteur automobile américain est hautement interdépendant et la faillite de l'un de ses concurrents pourrait avoir un effet domino pouvant menacer des millions d'emplois », indique le communiqué. Le syndicat américain des travailleurs de l'automobile se montre nettement moins enthousiaste. Dans un communiqué, son président, Ron Gettelfinger, se dit déçu que le président George W. Bush « ait inclus des conditions injustes visant spécifiquement les travailleurs » dans la liste des mesures imposées aux constructeurs. Il demandera au futur président Barack Obama de revenir sur certaines de ces conditions. Quel impact au Canada? On ne sait pas pour l'instant quel sera l'impact de cette annonce pour le Canada. La semaine dernière, les gouvernements fédéral et ontarien ont annoncé s'être entendus sur un plan d'aide de 2,8 milliards de dollars américains. Ce montant équivalait à 20 % du plan de sauvetage de 14 milliards de dollars américains qui a été rejeté par le Congrès américain, soit la même proportion que le nombre de véhicules produits au Canada par General Motors, Ford et Chrysler. Si cette même proportion était appliquée à la somme de 17,4 milliards que la Maison-Blanche est sur le point de verser aux constructeurs, cela équivaudrait à environ 3,5 milliards de dollars américains ou 4,3 milliards de dollars canadiens. Radio-Canada.ca avec Agence France Presse et Associated Press
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