![]() Économie Affaire Madoff Pour tenter de comprendreMise à jour le mardi 16 décembre 2008 à 23 h 26
Le régulateur boursier américain (la Securities and Exchange Commission - SEC) a annoncé mardi la tenue d'une enquête interne concernant la gigantesque présumée escroquerie de l'investisseur Bernard Madoff, de New York. Elle vise à déterminer pourquoi toute cette histoire n'a pas été détectée plus tôt, malgré plusieurs alertes dont certaines remontent à 1999. Sous le feu des critiques depuis l'arrestation, jeudi dernier à New York, du respecté gérant de fonds Bernard Madoff, le gendarme boursier américain a reconnu « de multiples échecs apparents » qu'il a qualifiés de « profondément troublants ». Dans un communiqué cité par l'AFP, le président de la SEC, Christopher Cox, pose plusieurs questions tout en ordonnant une étude complète et immédiate des allégations concernant Bernard Madoff et sa société. Plus particulièrement, cet exercice vise à déterminer les raisons pour lesquelles elles n'avaient pas été jugées crédibles. La commission a appris que des allégations crédibles et précises portant sur les présumés méfaits de Bernard Madoff ont été portées à l'attention du personnel de la SEC de manière répétée depuis au moins 1999, mais n'ont jamais été signalées à la commission pour qu'elle agisse. — Christopher Cox L'enquête devrait ainsi porter sur le fonctionnement interne du régulateur afin de déterminer si les règles en vigueur ont été appliquées et si des modifications sont nécessaires. Elle doit aussi déterminer si des contacts entre le personnel de la SEC et la société ou la famille de Bernard Madoff ont pu interférer dans les décisions qui ont été prises. Au cours de la fin de semaine dernière, le Wall Street Journal a affirmé que la SEC avait enquêté plusieurs fois sur l'investisseur de New York depuis 1992. Toutefois, l'organisme n'était pas parvenu à démontrer la fraude chiffrée par l'investisseur lui-même à 50 milliards de dollars américains. Dès 2001, MAR/Hedge, une publication spécialisée sur les fonds d'investissement se demandait comment les investissements pouvaient assurer une telle régularité et un tel manque de volatilité. L'opacité de la société de gestion de Bernard Madoff et sa façon arrogante de ne pas répondre aux questions avaient également été soulevées.
Des comptes falsifiés Par ailleurs, des investisseurs auraient découvert des documents falsifiés dans les livres du gestionnaire de fonds Bernard Madoff. C'est du moins ce qu'a expliqué mardi à l'Associated Press Stephen Harbeck qui dirige la Securities Investor Protection Corporation (SIPC). La SIPC est un fonds public créé pour aider les investisseurs des entreprises de courtage en faillite. Elle supervise la liquidation judiciaire de la société de Bernard Madoff qui a été ordonnée par un juge fédéral. Les modifications, qui demanderont plusieurs mois de travail avant d'être toutes repérées, auraient visé à camoufler les pertes massives touchant de grandes banques, des compagnies d'assurances et des personnalités riches dans plusieurs pays. Tous avaient misé sur le réputé investisseur, ancien patron du Nasdaq et référence de la finance à New York. Selon Stephen Harbeck, il est évident que les documents communiqués aux clients ne reflétaient pas la situation réelle de la firme de courtage. La liste des institutions financières qui ont confié des fonds à Bernard Madoff, accusé d'une fraude de 50 milliards de dollars américains, ne cesse de s'allonger. À ce propos, nous vous invitons à lire notre texte publié lundi. Radio-Canada.ca avec Agence France Presse, Associated Press et Reuters Chiffre du jourLes propriétaires de cinémas du pays ont vu leurs revenus augmenter légèrement à 1,6 milliard de dollars en 2010. Dossiers en profondeur
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